Culture

Black Keys : en rock et contre tous

Jérôme Vermelin - Métro France

Les Black Keys, détonnant duo originaire de l’Ohio, a construit son succès en marge des gros labels. Il sera de passage au Centre Bell mardi pour présenter son septième opus, El Camino. Notre collègue de Métro France s’est entretenu avec Dan Auerbach.

Les Black Keys auraient pu être un trio. «On a auditionné des tas de bassistes, explique le chanteur et guitariste, Dan Auerbach. Mais à chaque fois, notre son était moins puissant.» Dix ans après ses débuts discographiques, le duo qu’il forme avec le batteur Patrick Carney s’est imposé comme l’une des formations les plus excitantes du rock américain, sans artifices visuels ni plan marketing. «Aucun label ne nous a jamais dicté notre conduite», assure le natif d’Akron, dans l’Ohio.

El Camino, leur septième opus, est arrivé quelques mois après les trois Grammy qui ont récompensé Brother, un virage soul qui a ravi plus d’un million d’auditeurs outre-Atlantique et élargi le cercle de leur fan-club à l’étranger. Une belle récompense pour ces garçons qui ont débuté dans la cave de leurs parents au milieu des années 1990. «Nos frères aînés étaient bons amis et nous ont suggéré de jouer ensemble», se souvient Dan Auerbach qui, à l’époque, se produisait dans les bars de la région pour une poignée de dollars.

S’ils jouaient du rock brut de décoffrage, c’est une passion commune pour Otis Redding et les stars de Stax Records qui souda les deux ados. «En fait, on aime les musiciens qui exposent leur âme, quel que soit le genre. Gamin, j’écoutais les Stanley Brothers, un duo bluegrass de Virginie. En concert, leurs corps bougeaient à peine, mais leurs voix vous donnaient la chair de poule.»

Celle de Dan Auerbach s’est étoffée au fil des années. Plus ronde, plus chaude comme les disques du groupe, désormais enregistrés dans le studio du chanteur à Nashville. Sur El Camino, «il n’y en a que pour la guitare, c’en est presque égoïste», rit l’intéressé, ravi du succès de Lonely Boy, le premier single propulsé par une hilarante vidéo. Un plan fixe d’un comédien inconnu, Derrick T. Tuggle, effectuant une chorégraphie déjà imitée par des milliers d’internautes.

«Au départ, on nous avait alloué un budget colossal. On avait un scénario compliqué, des dizaines de techniciens, six comédiens. Lorsqu’on a reçu le montage du clip, on a trouvé ça… pas bon, soupire Dan Auerbach en baissant le pouce. On a réclamé un deuxième montage; aussi pourri. Et puis, on s’est souvenu de ce type qui dansait face à la caméra, jubile-t-il en nous montrant les images prises avec son iPhone. On a décidé de les diffuser comme ça, sans rien toucher.» Qu’en a pen­sé la maison de disques ? «Ils étaient fous. C’est le plan le plus cher de l’histoire du clip vidéo, mais ça correspond à notre credo depuis le début : rester simples.»

The Black Keys
Au Centre Bell
Mardi à 19 h 30

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