Jusqu’au 13 juin, Montréal accueille la première Biennale internationale d’art numérique (BIAN). Explications du directeur artistique Alain Thibault.
Comment avez-vous organisé la programmation de cette première édition?
On a établi un best of international et national au niveau des artistes afin de bâtir une programmation très représentative de ce qui se fait aujourd’hui dans les arts numériques. On a des artistes qui sont des stars dans le domaine, et qui sont notamment d’origine japonaise, allemande et, bien sûr, québécoise. Par exemple, Robert Lepage, qui présente en ouverture de la Biennale sa toute première œuvre d’art numérique : une installation vidéo 3D au Musée des beaux-arts [photo].
Avez-vous eu des choix déchirants à faire?
Il y en a toujours, mais on a tout de même de très, très belles pièces! On a réussi à rassembler beaucoup d’intervenants du milieu des arts contemporains à Montréal, dont les deux grands musées, plusieurs galeries, des centres d’artistes, etc. De plus, comme la France est le pays à l’honneur, on a notre «pavillon français» avec cinq installations d’artistes émergents.
Pourquoi avez-vous choisi de placer cette édition sous le thème de «Phénomènes»?
Parce que le numérique est maintenant si présent dans nos vies qu’il les gère sans même qu’on s’en rende compte. Pour moi, les technologies numériques sont devenues un phénomène presque magique, mystique. Elles ont remplacé la religion!
Et vous souhaitiez faire prendre conscience de l’ampleur de ce phénomène à ceux qui ne s’en rendent peut-être pas compte?
Tout à fait. D’ailleurs, la plupart des artistes que nous présentons le démontrent : le numérique est caché dans nos murs.
L’art numérique est donc en pleine ébullition?
C’est la meilleure chose qui pouvait arriver au domaine de l’art! Je ne peux plus imaginer l’art sans l’utilisation de ces technologies. Le reste, c’est presque de l’artisanat à mes yeux! J’exagère… mais à peine. p
BIAN, jusqu’au 13 juin
