C’est avec ses requins dansants, ses palmiers souriants, ses succès ensoleillés, son armée de pions et sa non-peur des hauteurs que Katy Perry a investi le terrain lors du show de la mi-temps du Super Bowl XLIX dimanche soir.
Faisant son entrée en robe de feu sur le dos d’un félin titanesque qu’elle tenait par la bride, repartant dans le ciel perchée sur des talons en diamants posés sur une étoile volante, Katy a laissé sa marque bonbon sur ce grandiose spectacle, qui a depuis le début de cette décennie été assuré par les Who, Beyoncé, Madonna…
Après la sobriété classique et soul qu’a proposée Bruno Mars l’an dernier, la star californienne a plongé avec bonheur dans l’abondance pop et barbe à papa. Dans son univers gomme baloune délicieusement kitsch, elle a enchaîné ses tubes, commençant par son Roar au titre évocateur. Après ce cri de guerrière en pleine possession de ses moyens, elle a fondu dans Dark Horse, chanson aux accents plus lourds et sombres pendant laquelle on l’a vue avancer sur un damier, entourée de danseurs déguisés en pièces de jeu d’échecs.
Geste généreux? C’est à Lenny Kravitz, chiquement vêtu d’une veste à la cote de maille dorée, qu’elle a laissé le soin d’entamer le mégasuccès qui a véritablement lancé sa carrière, I Kissed A Girl, en 2008. «This was never the way i planned, not my intention…»
Ceux qui ont déjà vu une prestation de la jeune femme le savent : Katy affectionne les paysages chargés et disjonctés, où les couleurs explosent de partout et jurent parfois (souvenez-vous de sa prestation aux derniers Grammy, où elle a plongé dans un monde enfumé de sorcière maléfique). Mais même ceux qui sont habitués à ses goûts éclatés ont dû sourire en voyant le décor de plage qui s’est matérialisé sur le terrain du stade de l’université de Phoenix quand elle a interprété Teenage Dream, pièce titre de l’album du même nom. Des planches de surf à pattes, des requins qui tapaient des nageoires, des danseuses en costume de bain de pin-up, des palmiers qui bougeaient du bassin…
Puis, après cette fête océanique, le registre a changé, avec l’apparition de la rappeuse vétérante Missy Elliott. Cette dernière a notamment enjoint le monde à Get Ur Freak On dans un segment vraiment réussi. Sitôt qu’elle a quitté la scène, certains spectateurs, dont Anderson Cooper, ont d’ailleurs demandé son retour sur les réseaux sociaux. «Ne nous quitte pas, Missy Elliott!!» a tweeté le vénérable journaliste de CNN.
Mais si la sortie de Missy a déçu Anderson, c’était cependant le signal pour Katy Perry de réapparaître dans une longue tenue argentée sur sa plateforme volante pour une finale cosmique. Avec un calme olympien pour quelqu’un qui survolait un stade sur une si petite installation, elle a chanté Firework, faisant comme dans ses paroles – traversant le ciel, boom boom boom. Si certains choix esthétiques ont été, euh, étonnants, la prestation a, oui, été explosive.
