Culture

7e ciel: cette semaine on craque pour…

Cette semaine, on craque pour… Ariane Moffatt, La peur de l’eau, Singin’in thé Rain, Toucher le ciel, Grinderman 2 RMX, Philippe Torreton et Les Enfants fichus.

Et on se désole pour… Les spectacles intimes dans les arénas

1. 17 mai… 2012 par Ariane Moffatt
En 2008, Ariane Moffatt rattrapait l’actualité avec 17 mai, titre sur lequel elle reprenait les titres de la presse du jour. Quatre ans plus tard, la chanteuse a décidé d’actualiser sa pièce pour souligner son malaise face à l’actu. Celle qui ne trouvait que des rimes pauvres dans son refrain de 2008 s’oppose désormais à la loi spéciale du gouvernement Charest. La force de son texte, c’est quelle ne s’arrête pas à l’actualité universitaire. Décès de Donna Summer, premiers pas de Hollande, sortie du film de Dolan et registre des armes à feu sont aussi évoqués par l’auteure-compositrice-interprète.
Sur Soundcloud (Maxence Knepper)
2. La peur de l’eau
Le film de Gabriel Pelletier a reçu des critiques plutôt tièdes; il nous a cependant agréablement surprise.
La peur de l’eau se révèle un bon polar de style classique, très satisfaisant et au dénouement plutôt imprévisible. Pierre-François Legendre est particulièrement efficace dans son rôle de policier timoré qui gagne en assurance au fur et à mesure que l’enquête avance, et le reste de la distribution le soutient très bien. Même le faux accent madelinot des comédiens réussit à être convaincants. Regarder la bande-annonce de La peur de l’eau. Présentement en DVD. (Jessica Émond-Ferrat)
3. Singin’ in the Rain au Cinéma du Parc
Quelle bonne idée que celle de projeter de grands classiques au cinéma pour permettre à ceux d’entre nous qui n’étions pas encore nés à la sortie du film de vivre l’expérience cinématographique pleinement. Ce soir et demain, le Cinéma du Parc propose donc de revoir au grand écran Gene Kelly, Donald O’Connor et Debbie Reynolds dans la comédie musicale romantique et indémodable Singin’ in the Rain. Qu’on l’ait déjà vue ou non, on connaît tous les chansons… À voir ou à revoir!
Au cinéma du Parc, vendredi et samedi à 19h (Jessica Émond-Ferrat)
4. Toucher le ciel
Envoyer un clown dans l’espace, ce n’est pas simple. Mais satisfaire le joli caprice du fondateur milliardaire du Cirque du Soleil, ça l’est davantage. C’est ce qu’a voulu montrer Adrian Wills dans Toucher le ciel, qui évoque  le voyage dans l’espace de Guy Laliberté. L’intérêt du film, c’est qu’il ne cache rien des préparatifs de la mission, entre Moscou et Houston. Tout est montré, des doutes, des difficultés pour apprendre le russe et de la cupidité des organisateurs réticents à envoyer des touristes là-haut à la place de scientifiques, mais qui ont besoin d’argent. Malgré tout, la magie de l’espace opère. Grâce au travail remarquable de Wills, on a l’étrange impression d’être à bord de la station spatiale.  Regarder la bande-annonce de Toucher le ciel. En salle vendredi (Maxence Knepper)
5. Grinderman 2 RMX
Si rien n’arrivera jamais à la cheville de l’original, il y a sur ce disque de remix matière à se consoler, un peu, du fait que Nick Cave, Warren Ellis, Martyn Casey et Jim Sclavunos ont mis un terme à l’aventure Grinderman. Revisitées par divers artistes, les pièces du bruyant, velu et viril ex-quatuor ne sont modifiées que légèrement, notamment l’ode romantique Palaces of Montezuma, sur laquelle Barry Adamson place des clochettes et de l’écho. Et ça passe bien. Certes, on se serait attendu à ce que le mâle total Josh Homme ajoute encore plus de testostérone à Mickey Mouse and the Goodbye Man, mais on se rabat sur la relecture réussie que fait Nick Zinner de Bellringer Blues. Pour les fans. Dans les bacs. (Natalia Wysocka)
6. Philippe Torreton dans Présumé Coupable
C’est une performance bouleversante, sobre et criante de vérité que livre le comédien français Philippe Torreton dans Présumé coupable, de Vincent Garenq. Dans ce drame inspiré d’une histoire vraie, l’acteur interprète Alain Marécaux, un huissier de justice faussement accusé d’agression sexuelle qui voit sa vie se morceler lorsqu’il est séparé de sa famille et envoyé en prison. Un excellent film, extrêmement révoltant, dont certains rebondissements auraient pu paraître exagérés si on n’avait pas su qu’ils s’étaient réellement produits. Présentement en DVD. (Jessica Émond-Ferrat)
7. Les enfants fichus
Ce livre, c’est une tuerie! Au sens propre comme au figuré. Ce court album est en effet un abécédaire glauque de morts d’enfants tragiques et fortuites. C’est terrible, mais on se prend à rire, ou du moins à sourire, tant les dessins sont «charmants». Traduit pour la première fois en français depuis sa parution en 1963, Les enfants fichus (The Gashlycrumb Tinies) est l’œuvre d’Edward Gorey, dont les dessins font l’objet d’un véritable culte dans le monde anglo-saxon, mais restent méconnus du lectorat francophone. Ce génie du dessin a fortement influencé le travail du cinéaste Tim Burton. Aux éditions Alto (Maxence Knepper)

MÉTRO EN ENFER

Les deux biopics sur Steve Jobs
Hollywood, toujours à la recherche d’idées commercialisables, ne semble pas prête à abandonner cette mine d’or que constituent les biopics. Ces dernières années, du côté musical, on a notamment eu droit aux films sur Johnny Cash et Ray Charles. Au niveau culinaire, à celui sur Julia Child. Au niveau informatique, à celui sur Mark Zuckerberg et bientôt à deux biopics sur Steve Jobs. Aaron Sorkin, scénariste de The Social Network, s’attachera en effet à condenser pour le grand écran la vie, la life, du grand homme. Ashton Kutcher, ô choix étrange, incarnera le regretté patron d’Apple dans un autre film. C’est ce qu’on appelle ne pas attendre très longtemps après la mort de quelqu’un pour faire de son existence un blockbuster. (Natalia Wysocka)

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