L’étonnant Érik Canuel signe l’adaptation cinématographique de Barrymore, pièce de William Luce, dans laquelle brille le grand Christopher Plummer. Entretien avec le cinéaste.
Ce projet, il est arrivé un peu par surprise?
Oui! Ce n’est vraiment pas le genre de sujet que je m’attendais à traiter à ce moment-ci de ma carrière. Mais c’est arrivé à un bon moment!
Quand on vous a proposé ce projet, vous avez dit oui tout de suite?
Ben, écoutez. Mon agent m’a appelé pour me dire qu’il avait parlé à un producteur de Toronto qui voulait transposer une pièce de théâtre en film. Ma première réaction, ç’a été : «Pfffft, je n’ai pas le goût de m’en occuper! J’ai d’autres choses à faire!» Il m’a alors dit que c’était une pièce mettant en vedette Christopher Plummer – qui est une légende vivante! – et que le producteur était Garth Drabinsky, qui est un bonze du théâtre. Je me suis donc dit que j’allais au moins lire la pièce en question pour voir si le matériel était bon. Je l’ai lue et j’ai adoré. Ce n’est pas une grande pièce intellectuelle, mais il y a des moments extrêmement shakespeariens, d’autres plus cocasses, d’autres tragiques, d’autres vaudevillesques. En faisant mes recherches, j’ai aussi appris que [Plummer] avait gagné un Tony pour la pièce, qui avait été jouée 15 ans auparavant. Donc, j’ai rencontré l’équipe et j’ai passé le test auprès de M. Plummer, qui, en tant que producteur exécutif, avait un droit de regard! Ç’a super bien été!
[pullquote]
Est-ce que M. Plummer avait vu vos films?
Oui, parce que le producteur lui en avait fait voir ce qui était pertinent. Bon Cop, Bad Cop pour l’humour, Cadavres pour le look, Le survenant pour montrer les différents styles que je peux m’approprier. Et ç’a été ça! Ce qui était le fun, c’est que Plummer ne savait pas que j’étais fils de comédien et de metteur en scène. Quand il l’a appris, il a été encore plus séduit!
Est-ce que Barrymore a été un film difficile à faire?
Oui, parce que c’est un huis clos porté par un seul personnage. Il fallait que je réussisse à garder le rythme et l’intérêt. Il fallait aussi que je rende ça plus intimiste, plus vrai, tout en gardant l’aspect théâtral. C’était comme marcher sur une corde raide!
Aviez-vous déjà filmé du théâtre?
Non, jamais. Mais je ne crois pas que ce projet-ci consistait vraiment à filmer du théâtre. C’est davantage une adaptation. Un hybride!
C’est fou à quel point, avec chaque projet, vous plongez dans un univers complètement différent tout en gardant votre signature…
J’essaye! J’ai toujours eu la chance d’avoir des projets qui arrivent du champ gauche! Je trouve ça l’fun d’explorer des choses différentes. propos
Barrymore
En salle
