Le Festival de jazz débute dans un mois! Parmi tous les concerts à l’affiche, un grand buzz entoure la programmation du bar Upstairs. Le propriétaire de ce club de jazz unique sur la scène montréalaise explique.
Depuis le 11 avril 1995, Joel Giberovitch passe toutes ses journées au Upstairs. «Sauf Noël et le jour de l’An!» précise-t-il en riant lorsque nous le rencontrons… sur les lieux de son travail, bien sûr. Eh non, dans son institution – car c’en est une –, on ne compte pas les heures.
«On fait tout ce qui est en notre pouvoir pour rendre hommage à la musique», dit le sympathique et passionné propriétaire. Mais en prévision du Festival de jazz, Joel met les bouchées triples pour offrir aux passionnés une programmation encore plus exceptionnelle que d’habitude. Cette année, sa série de concerts a de quoi réjouir les fanatiques. «Simon [Fauteux, conseiller à la programmation] et moi, on a bossé toute l’année pour offrir une sélection aussi bonne, –sinon plus!–, que celle de l’an dernier. C’était très important pour nous d’avoir à la fois des saxophonistes et des trompettistes; des légendes et des artistes de la relève; et des musiciens étrangers et montréalais.»
Lorsqu’on lui demande quel spectacle il est le plus fier de présenter entre le 28 juin et le 7 juillet, Joel, véritable encyclopédie musicale, nous mentionne tous les concerts, sans exception. «Le contrebassiste montréalais Rick Rosato, ça, c’est un musicien à surveiller! s’exclame-t-il. Il partage sa vie entre Montréal et New York. Il va jouer avec [le pianiste] Aaron Goldberg et [le batteur] Obed Calvaire [le 4 juillet].»
Il nous parle aussi de la pianiste montréalaise Julie Lamontagne [le 5 juillet] et de la New-Yorkaise Becca Stevens [le 29 juin] qui, selon lui, n’est «pas nécessairement une musicienne de jazz, mais qui est une superbe chanteuse». «Brad Mehldau vient de l’encenser!» nous fait-il remarquer, ravi.
Autrefois davantage axé sur la musique instrumentale, le club du 1254, rue Mackay laisse d’ailleurs de plus en plus de place aux voix. Est-ce que cela permet d’attirer un public différent? «Oui et non. Pour ceux qui ne sont pas puristes, quand il y a des paroles, il y a davantage de choix. Pour ce qui est des puristes, ils aiment les chanteurs et chanteuses. Mais ceux-ci doivent être bons!» s’exclame-t-il.
Depuis qu’il officie au Upstairs, Joel Giberovitch a vu bien des légendes passer le seuil de sa porte. Parfois inopinément. «Je n’avais jamais réussi à “booker” Joe Lovano. Mais un jour, il est venu ici avec son saxophone à la main, juste comme ça. Il a joué pendant deux heures, gratuitement, pour le plaisir, se souvient avec fierté le propriétaire. Je pense aussi au guitariste Nelson Symonds, aujourd’hui décédé, qui a offert le dernier spectacle de sa vie au Upstairs. Bref, après 18 ans, j’en ai, des histoires à raconter!»
