Tous les fans de métal (et les conjoints et conjointes de fans de métal) vous le diront: il n’y a pas de mélomanes plus passionnés que ceux-là. Passé cette année de deux à trois jours, Heavy Montréal a de nouveau réuni les purs et durs pour célébrer les sons bien pesants.
Anonymus
Anonymus n’a rien perdu de son intensité. Avec un savant mélange de nouvelles chansons et de bons vieux classiques (Un poing c’est tout, Prosternez-vous, Un pied dans la tombe), les vétérans ont donné le véritable coup d’envoi à la journée de vendredi. Le groupe a aussi eu la gentillesse de dédier une chanson à la Ville de Saint-Lambert – «une gang de pépères qui n’ont pas de vie», dixit le chanteur Oscar Souto – qui se bat en justice pour faire réduire le bruit durant les festivals. Au moment de mettre sous presse, on ne savait toujours pas si la Ville avait envoyé une mise en demeure au groupe… – Maxime Huard
Battlecross
Pendant que NOFX terminait sa prestation et que Iggy Pop commençait la sienne, il se passait quelque chose d’étrange sur la scène de la forêt.
Les très poilus michiganais Battlecross s’évertuaient à prodiguer leur «thrash metal version col bleu» à une foule conquise et survoltée. De mémoire d’homme, c’est la première fois qu’on voyait un circle pit tourner autour d’un arbre… irréel, presque bucolique, mais tellement «heavy f$#king metal» à la fois.
«Bon, on va vous en jouer une plus lente», de lancer le chanteur, Kyle Gunther, avant de conclure: «Nah, on vous niaise.» Disons que les gars étaient à leur place. – Jeff Yates
Beyond Creation
Si vous n’étiez pas derrière un arbre vendredi, vous avez pu voir Beyond Creation démontrer pourquoi il est actuellement le meilleur groupe métal au Québec.
Le death technique du quatuor montréalais, joué à une vitesse folle et avec une virtuosité étourdissante, n’a rien à envier aux autres formations qui jouaient ce week-end.
Trente minutes, c’est trop peu, mais on les reverra assurément bientôt sur une des scènes principales. – Maxime Huard
Iggy Pop
En plein milieu du set de Iggy, on a senti un truc sur notre joue. Une goutte de bière pulvérisée dans les airs? Ou peut-être le contenu d’une des bouteilles d’eau jetées par l’Iguane? Ah, non. Une larme. D’émotion pure.
C’est qu’il était beau à voir (on confirme, beau), le prince sexagénaire du punk, tellement reconnaissant d’être là: «Fucking merci! Je suis presque mort et vous êtes ici!» Heille, Iggy, ne soit pas si dur avec toi-même! Si c’est ça, être presque mort…!
Clamant qu’il avait No Fun, la bête s’est aussi permis une séance de Nightclubbing, a évalué une hauteur de Five Foot One et a annoncé, avec Lust for Life, que «Johnny Yen était arrivé avec sa boisson et ses drogues pour faire un autre strip-tease». Mais c’est lui-même qui a pris le relais, descendant ses skinny jeans à la frontière de l’interdit. Tellement punk que ça faisait pleurer. – Natalia Wysocka
Testament
Des groupes plus jeunes, il y en avait à la pelle ce week-end, mais bien chanceux ceux qui auraient réussi à être plus énergiques que Testament.
La formation de trash métal la plus sous-estimée (ce n’est probablement même pas une exagération) a livré samedi une performance de 45 minutes, qui paraissait beaucoup plus longue. Pas parce que ça traînait, mais plutôt à cause de la richesse du matériel et de la qualité de la prestation.
Le chanteur Chuck Billy était dans une forme resplendissante, alignant les cris gutturaux et les chants plus aigus comme si nous étions dans un bar métal en 1987, comme si les années n’avaient pas de prise sur son instrument. – Mathieu Horth-Gagné
NOFX
Personne ne se prend aussi peu au sérieux avec autant de sérieux que NOFX. Les légendes du punk rock sont presque aussi connues pour leur humour (dirigé autant vers eux que vers les autres groupes en action samedi) que pour leurs pièces rapides et accrocheuses.
Fat Mike, vêtu d’une nuisette rose et de bas noirs aux genoux, et arborant un mohawk (pas un «fauxhawk») rouge, et sa bande ont fait plaisir à la foule en enfilant quelques classiques comme Bob, Stickin’ In My Eye, The Brews et, bien sûr, Linoleum.
Une réussite sur toute la ligne, à moins que vous ne détestiez les longues tirades absurdes entre les chansons. – Mathieu Horth-Gagné
Masked Intruder
La prestation de Masked Intruder venait à peine de commencer que, déjà, le chanteur disait sa perplexité de voir tant de gens s’assembler pour les voir jouer, lui et sa bande. «Pourquoi diable êtes-vous en train d’écouter un band de pop-punk à Heavy Montréal?!» Ben oui, pourquoi? Simple: parce que ces quatre types cagoulés, avec des instruments qui matchaient coloristiquement leur tuque faciale, de laquelle dépassaient seulement deux yeux (et les lunettes du frontman) sont aussi solides en live que drôles. «Notre prochaine chanson parle de la plus belle fille du monde entier. Ça s’appelle la plus belle fille du monde entier!» Nous avons dû partir cinq minutes avant la fin (voir cause ici), mais M.I. était vraiment à ça de ravir le titre de «notre nouveau band préféré» dans notre cœur. – Natalia Wysocka
Dying Fetus
Qu’est-ce qu’une journée à Heavy MTL sans une visite à la scène de l’Apocalypse?
Dying Fetus est en action. Le trio met toute sa brutalité et sa virtuosité de l’avant en enfilant des hymnes death metal (il suffit de ne pas mentionner le concert à la belle-famille durant les vacances).
Pour certains, c’est juste du bruit; pour d’autres, c’est un défoulement pur. Qu’importe, une chose est sûre: ce n’est pas ennuyant. La foule en redemandait samedi soir, et n’importe qui ayant la moindre affinité pour le genre en aurait fait autant. – Mathieu Horth-Gagné
