Prometheus : un nouvel Alien, un antépisode ou un film sans lien avec la série culte? Pour tirer les choses au clair, Métro s’est entretenu avec le réalisateur Ridley Scott.
On serait porté à croire qu’avec l’expérience, un réalisateur de la trempe de Ridley Scott arrive à ses fins plus facilement. Surtout quand il revient à ses anciennes amours en réalisant le film de science-fiction Prometheus. Mais ce n’est pas le cas. Le réalisateur avoue s’être retrouvé au tapis à plusieurs reprises.
«Il fallait penser à chaque petit détail, jusqu’aux lacets des chaussures, avance Scott. Il y a eu beaucoup de discussions autour des casques de l’équipage. J’étais persuadé qu’ils devaient être sphériques et en verre. Si on était en 2083 et que j’allais dans l’espace, pourquoi est-ce que je voudrais d’un casque avec des angles morts. Je voudrais plutôt avoir une vision à 360 degrés. En 2083, le verre sera léger et résistant aux balles.»
En 2083, les androïdes ne pourront être distingués des humains. Ridley Scott, qui connaît les androïdes, ayant réalisé la saga Alien, voulait aborder le sujet avec précaution. «Ce qui est le plus important, c’est le scénario, dit-il. Il n’y a rien de neuf avec les androïdes. Le sujet est vieux de 100 ans. Il fallait que le personnage joué par Michael [Fassbender] fasse partie intégrante de l’histoire. Ce qui est intéressant, c’est qu’il n’est pas qu’un membre de l’équipage, il est également un élément clé de l’histoire», explique le réalisateur.
[pullquote]
Alors, Prometheus est-il un antépisode – prequel en anglais – d’Alien ou non? Tout porte à croire que oui, même si le scénariste, Damon Lindelof, explique que les choses ne sont pas aussi simples. «Dès le départ, il fallait en discuter, raconte-t-il. En faisant un antépisode, on s’attend à ce que le film se termine au moment où John Hurt entre dans cette pièce remplie d’œufs. Il n’y aurait pas eu vraiment d’intérêt à ça. Il fallait aller plus loin.»
Ridley Scott, lui, n’avait pas tant l’intention de faire des liens entre son nouveau film et son classique de 1979. Il avait un objectif plus simple : terrifier le public.
«En bout de ligne, on souhaite simplement faire un bon film, un putain de bon film, indique Scott. Pour moi, il y a eu très peu d’excellents films d’horreur. Mais il y a eu une panoplie de copies des meilleurs. Il y a deux classiques de l’horreur dont je ne me lasse pas : Massacre à la tronçonneuse, de Tobe Hooper, est le premier. Juste en voyant l’affiche, je savais que je ne voulais pas voir ce film! Mais j’ai dû le visionner quand est venu le temps de faire mes recherches pour Alien. Le deuxième est L’exorciste. Depuis, on a vu 900 000 clones de ces deux films.»
À chacun son Fassbender
Un élément important de l’univers d’Alien est la présence d’androïdes à l’apparence humaine. Ils ont été «personnifiés» dans le passé par Ian Holm, Lance Henriksen et Winona Ryder. Cette fois, c’est la nouvelle vedette de l’heure Michael Fassbender qui est l’heureux élu.
Pour l’acteur, jouer David a été un défi intéressant. «Il fallait essayer de prêter le plus de traits humains possible à l’androïde, raconte-t-il. Il fallait créer un ordinateur capable de comprendre les comportements humains. Qu’arrive-t-il quand un androïde se met à tirer ses propres conclusions? demande Fassbender. Quand il se met à avoir un ego, des angoisses, de l’envie?»
Le scénariste Damon Lindelof a dû prendre en compte le fait que le personnage de Fassbender n’est pas qu’une machine. «David est produit à la chaine. Il existe donc 20 000 copies de Michael Fassbender. On pourrait comparer tout ça aux iPhone. Tout le monde possède le sien, mais le glisse dans un étui différent, y télécharge des applications différentes, analyse le scénariste.
Dès qu’on sort David de son emballage, il commence à se personnaliser. Il peut changer sa coupe de cheveux, sa façon de parler. Il peut avoir des applications différentes en fonction de la mission qu’on lui assigne. Dès que Michal a été choisi pour le rôle, je me suis dit qu’il était la meilleure application possible!» ned ehrbar
Prometheus
En salle dès vendredi
