La boîte à images
03:30 4 février 2020 | mise à jour le: 3 février 2020 à 22:17 temps de lecture: 4 minutes

«Sex Education»: un exemple à suivre

«Sex Education»: un exemple à suivre

L’an dernier, je tombais en bas de ma chaise en visionnant les huit premiers épisodes de Sex Education sur Netflix.

Je n’avais à peu près aucune réserve devant cette comédie dramatique alors qu’on révolutionnait, ni plus ni moins, l’approche adolescente en fiction. Pour une très rare fois, on parlait d’une pléiade d’enjeux et de préoccupations sans tomber dans la caricature bête ou l’aveuglement volontaire.

Ainsi, les jeunes de Sex Education sont curieux, ouverts, inspirants et différents, tout en ayant les caractéristiques propres à l’adolescence, à ses erreurs et à ses impairs.

On ne tentait pas d’élever une jeunesse modèle avec cette fiction, mais plutôt de décloisonner celle en place et de lui donner une voix avec de nombreuses questions et des réponses qui ne sont pas forcément fixes ou universelles.

De retour pour une deuxième saison de huit épisodes, Sex Education double la mise en reprenant exactement au même endroit afin de se permettre d’aller encore plus loin dans la réflexion. Le pari est drôlement bien relevé.

C’est franchement jouissif à regarder, sans mauvais jeu de mots. Contrairement à Fugueuse, par exemple, le sexe n’y est pas diabolisé ou utilisé pour créer de la tension. Les questions sur la sexualité sont un prétexte, et c’est dans la richesse des réponses qu’on trouve notre satisfaction.

Sex Education s’impose comme une série à voir absolument parce qu’elle ouvre les portes vers une façon résolument meilleure de parler à nos jeunes sans les tenir par la main ou leur faire la leçon. J’espère même naïvement que ce genre de production aidera la génération de demain à établir de meilleures bases pour la société.

Des frictions

Pourquoi? Parce que l’écoute et la volonté explicite de ne pas écarter les gens selon leurs différences sont au centre du récit. Oui, il y a des frictions. C’est après tout une polyvalente, avec sa toxicité obligatoire. Ces frictions sont cependant abordées avec le désir de ne pas faire exploser les conflits. On parle, on écoute, on se comprend et on avance. C’est bêtement simple étalé comme ça, mais c’est loin d’être acquis, tant dans nos fictions qu’au quotidien.

Sex Education peut faire école, surtout parce qu’on parle ici d’une production accessible. Ce n’est pas une question de gros moyens ou de grandes ambitions. Il s’agit d’une approche particulière, d’un ton unique, d’une sensibilité caractéristique, et ça, ça n’engendre pas de coûts supplémentaires.

Suffit de mettre des personnes différentes autour de la table quand vient le temps de prendre des décisions et de finaliser une production.

C’est fait à très petite échelle au Québec (pensons à la série Trop, notamment), mais c’est encore un club sélect où la vieille garde tient le gros bout du bâton et où les nouvelles voix peinent à se faire entendre.

C’est fait à très petite échelle au Québec (pensons à la série Trop, notamment), mais c’est encore un club sélect où la vieille garde tient le gros bout du bâton et où les nouvelles voix peinent à se faire entendre.

Par conséquent, il faut se ruer sur Sex Education et se laisser imprégner par son ouverture sur le monde. Impossible de perdre au change: vous serez de toute façon diverti par les situations, même sans réfléchir à la portée des messages.

Quand c’est bon, c’est bon. Pourquoi faudrait-il essayer de se convaincre du contraire?

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