Art de vivre
10:10 4 janvier 2015 | mise à jour le: 4 janvier 2015 à 10:32 temps de lecture: 6 minutes

Le b.a.-ba du bar maison

Le b.a.-ba du bar maison
Photo: Métro

Tenir un bar à la maison, ce n’est pas sorcier.

Il suffit d’avoir les bons ingrédients et outils sous la main et de laisser aller son imagination.

Métro a consulté trois experts afin de créer un bar simple qui permet de concocter mille et une créations.

Les bouteilles

Les essentiels :

  • Rhum (blanc ou brun, au goût)
  • Gin
  • Whiskey
  • Une liqueur d’agrumes, comme le Cointreau ou le Triple Sec

*Le cas de la vodka. La vodka a la qualité de ses défauts. Pour certains, l’aspect incolore, inodore et «sans saveur» de cette eau-de-vie en fait un passe-partout idéal pour le bar. Mais pour d’autres, la neutralité fait de la vodka un alcool «sans intérêt» qu’on peut facilement remplacer. Aujourd’hui, de nombreuses versions aromatisées (cerise, pomme, citron) peuvent toutefois donner une saveur différente aux cocktails.

Bons à avoir :

  • Téquila
  • Vermouth
  • Cognac
  • Bourbon

Les ingrédients

Pas besoin d’acheter une foule d’ingrédients pour le bar maison. La plupart de ce qu’on ajoute aux cocktails se trouvent déjà au réfrigérateur ou au garde-manger (épices et condiments, glaçons, fruits et légumes, sucre, soda, eau pétillante, etc.).

On conseille toutefois d’avoir sous la main une ou deux bouteilles d’amers (bitters), qui, comme son nom l’indique, ajoutent un punch amer aux cocktails. L’amer le plus connu est l’angostura (qu’on peut ajouter aux Cuba libre, Mojito, Manhattan, Old-fashioned…). Il existe des tonnes d’autres saveurs (épicées, fruitées et même alcoolisées).

Plusieurs cocktails demandent également l’ajout de sirops (simples ou aromatisés). Il en existe plusieurs sur le marché (voir plus bas Jazzer son bar), mais il est possible de faire le sien à la maison (une part d’eau pour une part de sucre) et d’aromatiser à son goût de petites quantité par la suite.

Les verres

Trois types de verres permettent de servir à peu près tous les cocktails. On conseille d’en avoir de 6 à 8 par catégorie:

  1. L’old-fashioned. Court avec fond épais. Pour les alcools on the rocks ou les cocktails courts comme l’Old-fashioned, l’Americano, le gin tonic ou le Black Russian.
  2. La coupette. Sur pied. La coupette ronde et rétro est préférée au verre à martini moins stable et moins polyvalent. Pour les cocktails sans glace comme le cosmo, le martini ou le Manhattan.
  3. Le verre long. Assez étroit pour garder la carbonatation d’un cocktail, mais assez large pour accueillir des glaçons. Pour les cocktails allongés au jus ou aux bulles, comme le mojito, le Cuba libre, le John Collins ou le Long Island iced tea.

Les outils

Les essentiels :

  • Le coquetelier (shaker) Boston. Composé de deux verres, il se manie plus facilement que le coquetelier avec passoire intégrée.
  • Une passoire à glaces
  • Un verre doseur multimesure – il faut tout mesurer!
  • De bons plateaux à glaçons

Les extras :

  • Une cuillère à mélanger
  • Un presse-agrumes
  • Un zesteur
  • Un pilon

Les conseils d’experts

Jean-Sébastien Michel
Propriétaire d’Alambika, boutique spécialisée en accessoires pour bière, vin et spiritueux

  • «Un bon cocktail se fait avec peu d’ingrédients, mais des ingrédients goûteux et de qualité. N’ayez pas peur d’ajouter des amers et des sirops – dont vous pourrez aussi vous servir pour cuisiner.»
  • «Prenez des notes lorsque vous créez un cocktail pour vous assurer de pouvoir refaire une recette que vous avez aimée.»
  • «L’arme secrète à avoir sous la main: un sirop tonique (voir plus bas Jazzer son bar). Et les ingrédients frais, comme le concombre ou les zestes d’agrume, sont toujours gagnants, car ils viennent jouer avec nos sens.»

Fanny Gauthier
Mixologue, auteure du blogue L’envers du bar et propriétaire associée d’Ateliers & Saveurs, qui offre des cours de cuisine et de cocktails

  • «Dans un cocktail long, rien ne doit prendre le dessus sur un autre ingrédient. Il faut respecter l’équilibre entre l’alcool, le sucre et l’acidité.»
  • «Les variantes sont presque infinies. En ajoutant du concombre, de la framboise, du gingembre ou du thym, on transforme un gin tonic.»
  • «Maitrisez vos classiques. Allez sur le site de l’IBA (International Bartenders Association) et pratiquez les recettes. Vous pourrez ensuite expérimenter.»
  • «Inspirez-vous des harmonies de saveurs en cuisine pour créer des cocktails. Si ça fonctionne dans l’assiette, ça fonctionne dans le verre!»

Simon Gaudreault-Rouleau
Expert produits, division de la commercialisation à la SAQ

  • «Pas besoin de 73 ingrédients et d’un savoir-faire à tout casser. Les recettes de cocktails sont à la portée de tous. Dès qu’on sort le shaker, le party lève!»
  • «Achetez les alcools de base (gin, rhum, vodka) en grands formats et optez pour les petits formats pour le reste afin d’offrir une plus grande variété à plus petit prix.»
  • «Expérimentez! Les cocktails, ce n’est pas une science exacte. Il ne faut pas hésiter à essayer des choses. Vous aimez le jus aloé véra? Ajoutez-le à un cocktail!»
  • «Le cocktail peut faire partie du repas. Un bloody caesar accompagné d’une brochette de crevettes constitue une excellente entrée.»

Jazzer son bar avec des produits d’ici

Drinks toniques alambikaÀ la boutique Alambika, dans Outremont, on remarque un mur complet d’amers, de sirops, d’olives, de cerises ou de sodas toniques de qualité à ajouter aux cocktails.

Quatre entreprises québécoises offrent des produits fort intéressants:

  • ¾ OZ. Un sirop tonique fait au Québec à ajouter aux classiques comme le gin tonic.
  • Le Lab. Le bar de la rue Rachel spécialisé en cocktails propose ses propre sirops (simple, d’orgeat, gingembre).
  • Les charlatans. Les saveurs surprenantes des sirops concombre et estragon ou chile et tonka donnent des créations uniques.
  • Lemo Lemonade. Trois versions de la limonade de l’entreprise du Mile End sont offertes pour ajouter un peu de soleil aux cocktails.

Démocratiser le cocktail

Les plus vieux cocktails, le dry martini et le Manhattan, ont été créés à la fin du 18e siècle. Mais c’est pendant la prohibition que le cocktail a pris son envol. On ajoutait alors du jus à l’alcool de contrebande pour masquer son mauvais goût, mais aussi pour faire passer les débits de boisson interdits pour des bars à jus. Après les années 1930, les femmes se sont mises à apprécier les cocktails, qui sont ainsi devenus plus sucrés.

Comme ils l’ont fait avec la bière et le vin, les Québécois ont apprivoisé le cocktail et recherchent désormais des produits de qualité. Il est loin le daiquiri ultra sucré des années 1980. À la SAQ, on s’est collé à la «tendance cocktail» avec un site entièrement réservé à la chose (Espace cocktail) en plus d’avoir récemment ajouté des pastilles pour les eaux-de-vie et les liqueurs dans les succursales.

Lire aussi: Trois recettes de cocktails

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