Culture

13 livres québécois à lire selon Métro

13 livres québécois à lire selon Métro
Photo: Getty Images/iStockphotoBook reading

L’an dernier, les auteurs Amélie Dubé et Patrice Cazeault ont initié la journée «Le 12 août, j’achète un livre québécois», afin «de transformer le marché du livre au Québec pour une journée» et stimuler la lecture d’ouvrages d’ici. Le 12 août, c’est ce mercredi. Pour souligner la deuxième édition de l’événement, Métro a concocté une liste de suggestions de titres aux styles variés, récents ou pas, de lectures québécoises à noter si vous vous rendez en librairie ce jour-là.

putain nelly arcancomment devenir un angeCapture d’écran 2015-08-09 à 3.30.24 PM

Putain, Nelly Arcan, Seuil
Ce livre est paru en 2001, mais il est encore plus troublant de le lire lorsqu’on connaît le sort de son auteure, qui s’est enlevée la vie en 2009. D’une écriture nerveuse, urgente, qui plonge le lecteur en apnée, ne lui laissant pas le temps de prendre son souffle, l’auteure raconte la période de sa vie où elle a été escorte (un mot poli pour ne pas dire putain, dit-elle) dans une franchise et avec une lucidité douloureuse. Une lecture bouleversante et toujours d’actualité.

Comment devenir un ange, Jean Barbe, Édition Leméac/Actes Sud
Cette histoire de François, Victor, Fred et Provençal nous reste en tête longtemps après en avoir achevé la lecture. En traversant les années 1980 et 1990 avec ces personnages, on se questionne sur les notions de bien et de mal, d’amitié et de recherche de sens à nos vies. L’écriture de Jean Barbe coule et nous emporte dans un univers familier. Mention spéciale aux dialogues, entre ces personnes atypiques, qui sont délectables.
Quelques années plus tard, au cours d’une deuxième lecture de l’œuvre – parce que oui, c’est le genre de livre qu’on souhaite revisiter plusieurs fois –, on y comprend autre chose, on saisit d’autres subtilités.

La frousse autour du monde, tomes 1 à 4, Bruno Blanchet, La Presse
Bruno Blanchet, bien connu pour ses aventures télévisuelles absurdes et rigolotes, est parti en voyage en 2004. Il n’en est toujours pas revenu. Dans La frousse autour du monde, il raconte ses aventures à travers la planète à sa manière, de façon simple et rocambolesque en même temps. Des péripéties où les rencontres tiennent une grande place. Les quatre tomes se dévorent d’un coup et donnent l’envie de prendre la route.

guy delisle chroniques birmanesquand la vie ne suffit pasc'est pas moi je le jure 2le mur mitoyen

Les bandes dessinées de Guy Delisle, éditeurs variés (Delcourt et L’Association)
Des anecdotes et des observations du quotidien racontées en dessin peuvent en révéler beaucoup sur un pays. Surtout quand celui-ci est aussi inaccessible que la Corée du Nord (Pyongyang) et la Birmanie (Chroniques birmanes), ou encore troublé comme Israël (Chroniques de Jérusalem). Guy Delisle a le don de vulgariser avec une simplicité désarmante la complexité et les subtilités des enjeux locaux en décrivant le quotidien sur le terrain. Des lectures légères qui offrent un éclairage inédit sur ces lieux.

Quand la vie ne suffit pas, Louis Émond, Soulières éditeur
Sept nouvelles qui portent chacune sur l’une des sept formes d’art. Dans des univers et à travers des personnages tous très différents, la danse, la peinture, la sculpture, la littérature, l’architecture, la musique et le cinéma ont ceci en commun qu’ils sont salvateurs, d’une manière ou d’une autre – une manière surprenante, à chaque fois. Sept voyages dans sept univers captivants.

C’est pas moi, je le jure, Bruno Hébert, Boréal
Léon, 10 ans et autant sinon plus de tentatives de suicide à son actif, fait face à la solitude le temps d’un été. Alors que sa mère fuit vers la Grèce après la séparation d’avec le père de Léon, le jeune homme, lui, fuit vers l’imaginaire. Avec sa camarade Clarence, il part vers des contrées lointaines, n’arrêtant ni devant les actes de vandalisme qu’il doit commettre ni devant la femme-tronc et autres créatures qu’il croise sur son chemin. Après une adaptation cinématographique réussie de ce récit par Philippe Falardeau, replonger dans le bouquin est nécessaire pour saisir toutes les nuances d’un narrateur adulte qui interprète, voire psychanalyse, ses souvenirs d’enfance.

Le mur mitoyen, Catherine Leroux, éditions Alto
Avec ce deuxième roman porté par une écriture imagée et maîtrisée, Catherine Leroux met en parallèle des personnages qu’on sait liés d’une façon quelconque (mais on ne découvrira qu’au fil des pages de quelle manière) et raconte tantôt l’histoire d’une mère qui voit revenir son fils au bercail, d’un couple marié qui s’est évanoui en se prenant la main pour la première fois, d’un frère et d’une sœur qui veulent savoir qui est leur père. Un roman déroutant, déchirant, passionnant.

un vélo dans la têtele roman de saraaliss patrick sénécal

Un vélo dans la tête, Mathieu Meunier, Marchand de feuilles
Dans son premier roman, l’auteur nous fait rencontrer un voyageur qui se cherche – comme tant d’autres – mais qui le fait avec authenticité, beaucoup de simplicité et de nombreuses anecdotes. On se délecte des réflexions suscitées par la route à bicyclette en solitaire et des rencontres sans prétention. Le ton est franc et amical; et comme ami, ce roman nous fait sourire à plusieurs occasions.

Le roman de Sara, Anique Poitras, Québec Amérique
Regroupant les quatre tomes de la série pour adolescentes d’Anique Poitras, ce livre est un incontournable pour toute jeune fille à l’aube de son passage à l’âge adulte. Intemporelles, les aventures tragiques, romantiques et parfois même ésotériques de Sara Lemieux, héroïne du roman, sont relatées avec une sensibilité et une authenticité qui sauront toucher petites et grandes femmes.

Aliss, Patrick Senécal, Alire
Alice au pays des merveilles, un récit déjà un peu tordu, réinventé par notre maître de l’horreur, Patrick Senécal, que demander de mieux? On suit le parcours d’Alice (duh!) dans un quartier de Montréal, qui n’existe pas, où la luxure et la violence règnent. Un endroit où on aime bien jeter un œil, confortablement assis, le bouquin entre les mains, mais où on ne mettrait pas les pieds (quoique…).

bal à l'abattoirL'orangeraie Capture d’écran 2015-08-09 à 3.34.53 PM

Bal à l’abattoir, Pierre-Yves Thiran, Boréal
N’ayons pas peur des mots: le génie de Pierre-Yves Thiran est inversement proportionnel à sa notoriété. Pas tout à fait un roman (ni quoi que ce soit d’autre de précis, ou bien tous les genres à la fois, c’est selon), Bal à l’abattoir est à classer quelque part entre les œuvres de James Joyce, Céline et les revues à potins. À travers les déboires et les réflexions fielleuses d’un correcteur d’épreuves, c’est à une très cérébrale, très méthodique pulvérisation de la langue que se livre l’auteur, sur fond de sexe, de sang et de bas instincts généralisés. De la haute voltige littéraire, donc, qu’on n’aborde pas nécessairement avec un petit cooler sur la plage par un bel après-midi d’été.

L’orangeraie, Larry Tremblay, Alto
C’est l’histoire d’Aziz et d’Amed, deux frères jumeaux qui ne font presqu’une seule personne, mais dont un seul a été choisi pour accomplir une lourde, mais prestigieuse mission. Dans l’orangeraie familiale d’un pays miné par une guerre qui pourrait correspondre à bien des conflits actuels, l’enfant prodige s’exercera à porter incognito une ceinture d’explosifs sous ses vêtements avant le jour J. Les deux frères seront séparés à jamais, mais pas tout à fait. Ils se retrouveront au Québec, à travers une trame narrative tragique qui rappelle La route de Chlifa de Michèle Marineau, mais racontée à la manière d’un conte par le dramaturge et écrivain Larry Tremblay.

Les deuxièmes, Zviane, éditions Pow Pow
Le monde de la bande dessinée québécoise est riche en œuvres marquantes, et les fines observations de Zviane sur les relations humaines, l’amour, le sexe et la musique dans cette BD suivant un couple d’amants en escapade en sont un excellent exemple. Zviane a la plume tout comme le coup de crayon juste et teintée d’un humour mordant, et ses livres se dévorent avec appétit.