En plus de leurs diplômes et des connaissances scolaires, Pierre Duchesneau et Stéphanie Lévesque avaient dans leurs bagages à la sortie de l’université près d’un an d’expérience professionnelle rémunérée. Comme des milliers d’étudiants chaque année, Pierre et Stéphanie avaient fait le choix de s’inscrire à un programme en enseignement coopératif à l’Université de Sherbrooke, l’établissement public par excellence pour l’alternance entre le travail et les études.
Stéphanie Lévesque, qui, avec son baccalauréat en gestion de l’information et des systèmes, travaille aujourd’hui chez CGI, soutient que le régime coopératif permet de bien évaluer les débouchés possibles dans un domaine précis, en plus de permettre de ramasser un peu d’argent. Dans certains domaines, les salaires hebdomadaires des stagiaires peuvent dépasser les 800 $.
Stéphanie Lévesque n’a pas décroché un emploi dans l’une des entreprises qui l’avaient prise comme stagiaire, mais elle estime tout de même que le programme coopératif l’a très bien outillé pour le marché du travail. «Les expériences de stages te sont d’un grand secours quand tu te présentes en entrevue devant un employeur. Tu as des exemples concrets à donner», explique-t-elle. Sans compter que les étudiants peuvent avoir passés jusqu’à 10 ou 15 entrevues dans le cadre de l’attribution des stages.
Au-delà de ses expériences de stages, bonnes – et moins bonnes – Pierre Duchesneau aura apprécié ce premier contact avec le marché de l’emploi. «Tu te sens important, tu sens que tu as tout à prouver, mais que, en même temps, tu as droit à l’erreur», raconte celui qui est rédacteur et édimestre au magazine Protégez-vous depuis sa sortie de l’université en 2000.
Dans un contexte de pénurie de main d’Å“uvre, les propositions de stages sont plus nombreuses, de meilleure qualité et mieux rémunérées, affirme le directeur du Service des stages et du placement de l’Université de Sherbrooke, Denis-Robert Elias.
La majorité des programmes de l’Université de Sherbrooke sont agréés par l’Association canadienne de l’enseignement coopératif (ACDEC), un organisme dont la mission est de soutenir et de faire progresser la pratique de l’enseignement coopératif. Le président du comité Québec de l’ACDEC, Roger Harvey, souligne la valeur de pouvoir intégrer une formation en milieu de travail par rapport à celle acquise en classe.
Plus de détails sur le profil
- Selon les critères de l’Association canadienne de l’enseignement coopératif (ACDEC), les stages doivent représenter 30 % de la formation dans les universités et 20 % dans les cégeps.
- L’Université de Sherbrooke propose 28 programmes de baccalauréat et deux de maîtrise intégrant des stages rémunérés en milieu de travail à la formation reçue en classe. Environ 4 000 étudiants sont inscrits dans ces programmes, soit près de 40 % de la population étudiante sherbrookoise.
- Au total, au Québec, on compte 49 programmes coopératifs offerts dans sept universités membres de l’ACDEC.