Formation et emplois

Sur l'intégration des immigrants

Je fais présentement la tournée des médias en raison du lancement de Mon équipe est multicolore mais je suis daltonien. Savez-vous quelle est la question qui revient le plus souvent? Je vous le donne en mille : comment peut-on intégrer les immigrants pour qu’ils nous ressemblent? Ce sujet est tellement important que j’ai décidé de lui consacrer une chronique.

Savez-vous ce que je réponds à cette question? Je commence en présentant ma recette de ragoût de bÅ“uf et je continue avec ce qui suit : «Savez-vous ce qui caractérise un bon ragoût? Il est réussi quand tous les ingrédients goûtent la même chose.

«Fermez les yeux et prenez une bouchée de viande : elle goûte le ragoût. Prenez un morceau de pomme de terre?: il goûte le ragoût. Prenez un morceau de carotte : il goûte le ragoût. C’est comme si, pour faire un bon ragoût, chaque ingrédient devait abandonner ce qu’il est pour prendre le goût du plat final.»

Diversité homogène

Beaucoup de gens aimeraient qu’il en soit ainsi dans un milieu de travail ouvert à la diversité. Ils aimeraient que tous les membres d’une organisation, quels que soient leur sexe, leur orientation sexuelle, leur culture d’origine, leur âge, leur n’importe quoi, oublient qui ils sont pour prendre le goût de l’organisation. Ils aimeraient que tous se fondent dans un même creuset. Ils aimeraient qu’une organisation, au lieu de se contenter d’intégrer les gens, parvienne à les assimiler complètement.

Or, le milieu de travail n’est pas un ragoût. C’est plutôt une salade du chef. Et à quoi reconnaît-on une bonne salade du chef? On la reconnaît lorsque chacun des ingrédients conserve son goût propre, mais que le tout reste bien lié grâce à une vinaigrette qui, loin d’éclipser chacun des ingrédients, leur permet au contraire de se révéler au maximum.

C’est à ça que doit ressembler un milieu de travail diversifié. Chaque individu doit conserver son individualité, mais tous doivent être liés par une vinaigrette qui, dans un milieu de travail bien géré, prendra la forme d’un leadership fort. Ce dernier est nécessaire pour donner l’exem­ple, pour promouvoir l’équité, pour mettre en valeur les différences de chacun et pour valoriser le choc des idées au lieu d’entretenir le statu quo. Oubliez l’assimilation. Dites oui au pluralisme.

Et vous? De quel type êtes-vous? Je vous encourage aujourd’hui à découvrir la salade du chef.

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