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L'histoire du Québec oubliée des universités

L’enseignement de l’histoire à ceux qui seront chargés de l’enseigner au secondaire laisse à désirer, selon les conclusions d’une étude réalisée à la demande de la Fondation Lionel-Groulx.

L’étude, dévoilée lundi, révèle que les futurs enseignants qui donneront les cours Histoire et éducation à la citoyenneté de secondaire 3 et 4 ne suivent en moyenne que trois cours d’histoire du Québec et du Canada pendant leur scolarité.

«Il y a beaucoup de cours sur l’histoire du Québec, mais on constate l’éclipse des cours qui abordent de front les grands événements de notre histoire politique et constitutionnelle, a déploré le chercheur, historien et professeur à la Télé-Université, Éric Bédard. Dans toutes les universités, sauf à l’UQAM, il n’y a aucun cours qui aborde de front la colonisation française, la conquête, les rébellions, la confédération, les conscriptions et la Révolution tranquille. Pourtant ces événements captivent et sont au cœur de notre mémoire collective.»

L’auteur de l’étude, intitulée L’histoire nationale négligée, estime que les universités donnent davantage de place à l’histoire sociale et culturelle, aux dépends de l’histoire politique et constitutionnelle. Pourtant, l’intérêt des étudiants pour ce type de cours est soutenu.

«Le quart des thèses de doctorat et des mémoires de maîtrise depuis 1995 ont porté sur des grands événements et des grands personnages de l’histoire du Québec, a remarqué M. Bédard. Il y a une inadéquation entre l’offre de cours et l’intérêt des étudiants.»

La Coalition pour l’histoire du Québec, dont fait partie la Fondation Lionel-Groulx, a recommandé que «le programme de formation pour le futur enseignant du secondaire soit sérieusement rehaussé au niveau disciplinaire».

«Le Québec est le seul pays (sic) au monde où on ne parle plus d’histoire, mais d’univers social, a dénoncé le porte-parole de la Coalition, Robert Comeau. On souhaite un retour à l’histoire.»

La Coalition demande le retour du certificat en pédagogie, qui forcerait les futurs enseignants à suivre au moins 10 cours en histoire du Québec et du Canada consacrés à la question nationale ou constitutionnelle avant d’obtenir son diplôme.

La Fondation Lionel-Groulx a fait parvenir son étude au ministère de l’Éducation. Au moment de mettre en ligne, il n’avait pas été possible d’obtenir les commentaires du ministère.

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