Graphiste de formation, Aurélien Jeanney propose sa propre relecture – à la sauce design – de deux romans de Jules Verne dans le cadre du festival Chromatic, qui regroupera quelque 100 artistes de l’avant-garde le mois prochain.
Voyage typographique : le signe comme miroir de la lettre, c’est ni plus ni moins la transcription de Vingt mille lieues sous les mers et de Voyage au centre de la Terre en alphabet graphique. Un projet ambitieux qui appelle au voyage, croit Aurélien Jeanney. «J’avais l’idée de donner une nouvelle vision d’un écrit, explique le jeune concepteur. Et j’avais l’intuition qu’aucun texte n’évoquait mieux le voyage que les deux romans les plus populaires de Jules Verne, pour lesquels j’éprouve une affection toute personnelle.»
Parmi la centaine d’œuvres qui seront exposées dans quelques semaines à Chromatic, l’installation figure parmi les coups de cœur de Métro. Le graphiste explique sa démarche.
Comment résumez-vous le projet?
Il s’agit d’un système typographique qui remplace chaque lettre par un signe graphique. J’ai travaillé avec un concepteur, Guillaume Bertrand, qui a imaginé une application permettant de remplacer toutes les lettres des œuvres par ces signes de manière aléatoire.
À la suite de l’exposition, les visiteurs pourront télécharger cette application et générer leurs propres textes en alphabet graphique.
Pour chaque roman, le choix de couleurs ne semble pas anodin…
J’ai choisi de rester dans une gamme chromatique qui reflète l’endroit où se passe l’action du roman. Par exemple, pour Vingt mille lieues sous les mers, j’ai utilisé des bleus, alors que Voyage au centre de la Terre est illustré dans des tons de marron.
J’ai même conçu des harmonies de couleurs pour chaque roman de Jules Verne. Pour De la Terre à la Lune, j’ai travaillé avec du noir, qui représente le vide de l’espace, et avec du jaune, pour la lumière des astres. Ces teintes sont aussi un clin d’œil aux palettes de couleurs figurant sur les couvertures des premières éditions des romans.
En quoi est-ce que ça s’inscrit dans vos projets d’études ou de travail?
C’est d’abord une démarche de recherche personnelle. Même si ce n’est pas ancré dans un projet professionnel en tant que tel, c’est une manière de poursuivre ma recherche à l’extérieur de mes activités en agence ou en freelance. Ces parenthèses de liberté me permettent d’injecter une certaine fraîcheur dans le travail que je fais pour des clients. En plus, ces projets pas du tout rémunérateurs génèrent beaucoup de satisfaction personnelle parce que j’ai l’impression d’être totalement libre de pousser la problématique, ce que je n’ai pas nécessairement le temps de faire dans le cadre d’une commande.
À la Fonderie Darling, du 18 au 22 mai
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Soirée de clôture
En clôture de l’événement, marchands d’œuvres d’art, galeristes, philanthropes et collectionneurs sont invités à venir rencontrer les artistes dans le cadre d’une soirée de réseautage Art Affaire. «L’objectif est d’essayer d’approfondir la compréhension des œuvres présentées à Chromatic», précise la porte-parole Marie Létourneau. La trame musicale de l’événement sera assurée par ZhoZhoBlue, M’Michèle et DJ Brace.
Le 22 mai, de 17 h à 22 h
