À table

La porno sur le web bouleverse les enfants

Certains enfants et adolescents consomment de manière compulsive de la pornographie. Cela peut avoir de lourdes conséquences sur leur vie.

«Les gens ne savent pas que c’est un problème», explique Isabelle Maher, journaliste en lock-out au Journal de Montréal. Avec son collègue Martin Bisaillon, elle a écrit le livre Buffet à volonté sur le web – Enquête sur les ravages du XXX chez nos enfants.

D’entrée de jeu, les auteurs précisent qu’ils ne sont pas contre la pornographie. «On n’est pas des censeurs, (…) mais il y a un problème», fait valoir Martin Bisaillon.

Dès 11 ans, en moyenne
À l’insu de leurs parents, des jeunes visionnent de façon obsessionnelle des films montrant des fellations, des éjaculations faciales, des sodomies, des simulations de viol, de la torture, de la zoophilie, du triolisme et autres pratiques sexuelles extrêmes, le tout gratuitement dans l’internet. En moyenne, les enfants voient leurs premières images pornographiques à l’âge de 11 ans.

«Les images choquantes s’incrustent dans le cerveau des enfants, mais (…) ils ne sont pas encore capables de les analyser», mentionne Martin Bisaillon. Dans un rapport rédigé pour le ministère français de la Famille, la consommation de pornographie par un enfant est comparée à un abus sexuel, en raison des réactions psychiques du petit.

Les conséquences
Les deux journalistes rapportent dans leur livre que ces jeunes qui se gavent de pornographie deviennent déconnectés de la réalité et sont incapables d’entretenir une relation amoureuse. Les hommes présentent des problèmes de dysfonction érectile et d’éjaculation précoce et les femmes, un manque flagrant d’estime de soi. Parfois, ils n’ont jamais eu de relation sexuelle, bien qu’ils soient très au fait de plusieurs pratiques.

Dans les pires cas, le cyber­obsédé de pornographie commet une agression. «La pornographie n’est pas un élément déclencheur chez les personnes qui ont commis des crimes à caractère sexuel, souligne Isabelle Maher. C’est plutôt quelque chose qui accentue le problème.»

Les parents : seuls pour prévenir
Les cours d’éducation se­xuelle ayant été annulés du programme pédagogique, les jeunes Québécois se réfèrent désormais à l’internet pour découvrir la sexualité. Aucune loi ne restreint les initiatives des pornographes sur le web au Canada. Et encore là, une loi aurait très peu d’effet puisqu’elle n’empêcherait pas un site américain, par exemple, d’attirer des enfants. «Il faudrait une concertation mondiale», constate Martin Bisaillon.

«Les parents sont les seuls qui peuvent jouer un rôle de prévention pour l’instant», dit Isabelle Maher. Selon les auteurs, la solution est de mettre l’ordinateur familial dans un endroit passant et d’y installer un logiciel de contrôle parental, en plus de parler de la pornographie sur l’internet avec les enfants.
«Un enfant aimé et encadré qui n’est pas laissé à lui-même sera moins vulnérable», fait savoir la journaliste.

Buffet à volonté sur le web – Enquête sur les ravages du XXX chez nos enfants, en librairie dès demain

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