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Voyage à Antigua : apprendre l’espagnol ou grimper des volcans?

Photo: IStockphoto.com/Gustavo Acosta

Au cœur de la vallée de Panchoy, où coulent deux petites rivières entre les collines et les volcans Fuego, Acatenango et Agua, Antigua vous apparaîtra comme un joyau de l’urbanisme et de l’architecture coloniaux.

L’atmosphère détendue de la ville attire de nos jours une faune touristique bigarrée et cosmopolite. La modernité de ses installations hôtelières et la diversité de ses restaurants participent à cette affluence et contribuent à une richesse absente ailleurs au Guatemala. Alléchés par le nombre et le coût particulièrement bas des écoles de langues, les étudiants viennent d’Europe, des Amériques, voire d’Asie pour apprendre ici l’espagnol ou une des langues mayas. Antigua, ville à échelle humaine qui se parcourt à pied, vous fera oublier que vous êtes au Guatemala.

Capitainerie générale de 1543 à 1773, l’ancienne capitale du royaume du Guatemala qu’on appelait alors «Santiago de los Caballeros» fut l’incomparable métropole religieuse et culturelle de toute l’Amérique centrale. Siège du pouvoir royal, religieux et civil à l’époque coloniale, l’Antigua actuelle renferme les plus belles ruines d’églises et de monastères du Guatemala. Sa richesse architecturale témoigne du rôle déterminant que la ville a joué pendant plus de deux siècles.

Patrimoine mondial de l’UNESCO
C’est en 1979 qu’Antigua fut inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Depuis les années 1990, elle est devenue une destination très prisée par les touristes nationaux et étrangers (certains la diront trop achalandée). Aujourd’hui, la ville compte sur l’appui de plusieurs associations de protection du patrimoine et profite d’un secteur commercial dont les intérêts se conjuguent avec la conservation de l’essence de la ville.

Vous trouverez un peu partout dans la ville les belles résidences d’Antigua. Si elles n’ont pas la noblesse des constructions ecclésiastiques, ces maisons particulières doivent leur charme à l’absence d’étage, à leurs façades au ton doux et clair et à leurs hauts murs, souvent enduits de chaux et débordants d’arbustes en fleurs. À l’intérieur, les patios ont souvent été convertis en jardins bordés de galeries et de piliers de bois.

L’architecture résidentielle d’Antigua ressemble à celle de San Cristóbal de Las Casas au Mexique, ou encore à celle de Trinidad, ville historique de Cuba, qui fut, elle aussi, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Ascension des volcans autour de la ville
Les quatre volcans qui entourent Antigua offrent des vues incomparables sur toute la région, et rien ne vaut une ascension par une belle nuit claire à la pleine lune pour contempler le lever du soleil depuis le sommet. Les 3 premiers volcans, à savoir l’Agua, l’Acatenango et le Fuego, sont situés à environ 5 km d’Antigua. Le plus éloigné, le Pacaya, est encore actif. Il attire les touristes, mais malheureusement les bandits aussi. Pour éviter les vols, nous vous recommandons de louer les services d’un guide.

Ces ascensions requièrent un bon état physique et un minimum d’équipement : coupe-vent, chaussures antidérapantes et lampe de poche sont recommandés. Pensez également à apporter des provisions d’eau et de nourriture.

La plupart des agences de voyages d’Antigua proposent l’ascension des quatre volcans de la vallée de Panchoy, dont les sommets offrent des panoramas spectaculaires par temps clair. Cependant, l’excursion la plus populaire est incontestablement celle du Pacaya (2 552 m), volcan actif situé dans les environs de la capitale. Le spectacle est impressionnant à cause des fumerolles, des exhalaisons sulfureuses, de la chaleur dégagée par la lave et du sol qui tremble sous nos pieds.

Écoles de langues
L’enseignement de l’espagnol est devenu une véritable petite industrie qui emploie des centaines d’enseignants, d’administrateurs et de familles d’accueil à Antigua. Il existe des dizaines d’écoles de langues espagnoles (60 dans la ville), et, même si plusieurs ont une durée de vie éphémère, elles sont vite remplacées par d’autres qui tentent d’en faire un gagne-pain.

Une des raisons de ce brassage dans l’industrie de l’enseignement de la langue est l’infime marge bénéficiaire que rapporte un étudiant. Les prix d’un cours d’espagnol n’ont pas changé depuis plus de 15 ans, tandis que le coût de la vie a presque doublé. On paie la famille d’accueil le même prix qu’il y a 10 ans, soit à peine 8 $ par jour pour 3 repas et une chambre avec eau chaude.

Comment fait-on pour payer 20 heures d’enseignement, des livres, des locaux et l’administration pour la modique somme de 70 $ par semaine? Tour de force presque inexplicable! Tout ça pour vous dire que, si vous payez 120 $ par semaine, vous aurez des services pour 120 $ et que, si vous voulez une école avec des professeur(e)s attitré(e)s et une famille d’accueil pour vous seul, vous devrez payer le prix. Mais le prix n’est pas nécessairement garant de la qualité, et vous devez vous renseigner, rencontrer le directeur et si possible l’enseignant. Prenez votre temps avant de choisir, car les prix varient. Sachez que, si vous voulez éviter l’atmosphère «américano-internationale» d’Antigua, il est préférable de vous inscrire aux écoles de langues de Quetzaltenango, du Petén, du Lago de Atitlán, de Monterrico ou de Huehuetenango.


Ce texte est tiré du guide Guatemala d’Ulysse.

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