Habitation et immobilier

Hausse des prix d’habitation à Montréal: lorsque l’offre fausse le marché

Les prix de l’immobilier toujours en hausse. Photo: fr.123rf.com/ bakerjarvis

Favorable aux vendeurs, le marché de l’immobilier du Grand Montréal maintient sa tendance haussière. Les prix d’une propriété ont connu une inflation à deux chiffres selon la dernière étude sur le prix des maisons et les prévisions du marché pour le troisième trimestre 2021 de Royal LePage. La pandémie a certes aggravé la situation mais le problème lié à une offre insuffisante est plutôt structurel.

Compilés dans l’étude réalisée par le Royal LePage, ces chiffres de l’immobilier parlent d’eux-mêmes: dans la région du Grand Montréal, les prix d’une propriété a augmenté de 14,7% d’une année sur l’autre pour atteindre 648 700$ au troisième trimestre de 2021.

Pendant la même période, le prix médian d’une maison unifamiliale détachée s’est accru de 19,2% pour atteindre 1 060 500$, alors que celui d’une copropriété a augmenté de 8,8% pour se fixer à 502 200 $.

Un marché immobilier fragilisé

Pour l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), avant même le début de la pandémie de COVID-19, «le marché de la revente au Québec avantageait nettement les vendeurs dans la majorité des centres urbains de la province. Les ventes étaient en constante progression, l’offre de propriétés à vendre était à son plus bas en 16 ans et les délais de vente ne cessaient de raccourcir».

Autres chiffres parlants: entre 35 000 et 54 000 propriétés à vendre manquent pour rééquilibrer la composante propriétaires-occupants du marché immobilier résidentiel québécois à la fin de 2020, selon l’APCHQ. Si l’on ajoute le déficit de quelque 5 300 logements locatifs trouvé précédemment, au total, le déficit se situe entre 40 000 et 60 000 habitations.

 «Le vrai problème se situe, donc, au niveau de l’offre qui est insuffisante», estime Karim Ighil, courtier immobilier. Un avis que partage Paul Cardinal, directeur du service économique de l’APCHQ. Dans une déclaration à Métro, M. Cardinal, soutient que «les hausses de prix fulgurantes sont nécessairement le reflet de cette pénurie d’habitations. S’agissant de l’offre de propriétés à vendre, elle est très limitée depuis plusieurs années déjà, mais elle n’a jamais été aussi faible qu’en ce moment», reconnait-il.

La pandémie pour aggraver la situation…

«Depuis quelques années, la demande d’habitations au Québec est beaucoup plus soutenue que ce qui avait été anticipé (même par les observateurs les plus optimistes) et la pandémie n’a fait qu’exacerber la situation», explique M. Cardinal.

«Entre autres, tout juste avant la pandémie, notre taux de chômage était à un creux historique et notre solde migratoire affichait un niveau record, dans un contexte de bas taux d’intérêt», note-t-il.

Construire davantage et rapidement

Pour le courtier Ighil Karim, «contrairement à d’autres régions, il y a toujours une forte demande immobilière dans le Grand Montréal. Le retard mis dans le processus de construction de nouvelles maisons, causé par des longs délais pour obtenir les permis etc, et le faible volume de l’offre aggravent cette situation».

Pour ce courtier, la seule avenue efficace et durable permettant de résorber l’important déséquilibre sur le marché immobilier est une augmentation de l’offre.

L’APCHQ qui s’inscrit dans ce registre estime nécessaire de créer un environnement propice à la construction de nouvelles habitations. «La surchauffe est plus qu’un phénomène conjoncturel et demeurera problématique si l’on ne parvient pas à alléger le fardeau administratif et fiscal de l’industrie» plaide cette association.

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