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La parole à Dinu Bumbaru, récipiendaire du prix Thomas-Baillargé

Dinu Bumbaru est directeur des politiques chez Héritage Montréal. Il a reçu le prix Thomas-Baillargé de l’Ordre des architectes du Québec le 13 juin.

Qu’est-ce que l’obtention du prix Thomas-Baillargé signifie pour vous?
J’étais très honoré de recevoir le prix, d’autant plus que Thomas Baillargé est un personnage majeur. J’étais aussi très impressionné de recevoir le prix parce que des gens très impressionnants l’ont reçu avant moi, dont le maire L’Allier de Québec.

Vous avez travaillé à la conservation et à la mise en valeur du patrimoine au cours des 25 dernières années. Quelle est, selon vous, votre plus grande réussite?
Ma plus grande fierté, c’est d’être encore là après 25 ans et qu’Héritage Montréal soit encore là après 33 ans. Combien de maires et de ministres sont passés en 25 ans? Nous, on reste, on garde le fort et on s’assure que la question du patrimoine ne reste pas une question des années 1970, où il s’agissait juste d’empêcher des piètres démolitions de se produire.

Quels sont les plus grands défis auxquels Montréal devra faire face en matière de patrimoine?
On a un plan d’urbanisme qui est un modèle planétaire, mais notre politique du patrimoine est mis en hibernation par la Ville de Montréal. Le défi est de passer du papier aux actes. Le patrimoine, ce n’est pas juste dans un classeur qu’on trouve ça, c’est sur le terrain. Un autre grand défi serait de changer la façon qu’on construit Montréal. Aujourd’hui, on remplace de beaux escaliers de bois par des escaliers préfabriqués. Les artisans sont oubliés. On va au plus «cheap». On est en train de «désâmer» Montréal avec des trucs qui ne durent pas.

Comment se positionne Montréal en terme de patrimoine par rapport aux autres villes du monde?
Si on se compare, on peut être assez fier du chemin parcouru. Dans les années 1970, personne au comité exécutif de Montréal ne s’occupait de patrimoine alors que maintenant, c’est le maire qui s’en charge. Mais il faut aussi être conscient du chemin qu’il reste à faire. Très peu de villes au monde ont une politique du patrimoine comme Montréal, mais notre politique est pas mal sur les tablettes. Il faut la mettre en Å“uvre et travailler avec les gens pour que tous prennent conscience de l’importance du patrimoine à Montréal.

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