Manger et boire local

L’a b c du sucre

Photo: Métro

En ce temps de festivités, de nombreux plaisirs sont au rendez-vous: famille, amis, cadeaux, bonnes bouffes… et sucre! J’en discute avec le nutritionniste Hubert Cormier, qui est l’auteur du livre À bas les kilos.

D’emblée, Hubert se lance: «En s’attaquant au sucre, on croit lutter contre la pandémie d’obésité, alors que le véritable problème vient plutôt de la surconsommation et de l’environnement, qui favorisent la sédentarité et, conséquemment, de nombreux problèmes de santé, dont le diabète et l’obésité.»

Je crois que plusieurs d’entre nous ressentent le besoin de diminuer leur consommation de sucre. Mais tout d’abord, où se trouve-t-il? Comment démêler le bon sucre du mauvais? J’ai mis Hubert au défi d’éclairer notre lanterne. «Attention, il faut savoir faire la différence entre les catégories de glucides, qu’on appelle communément les sucres», déclare-t-il. Le terme «glucide» est le terme général qui désigne la «grande» catégorie des sucres. Cette catégorie englobe l’amidon, les fibres alimentaires et les sucres. Toutefois, on ne distingue pas, du moins pour le moment, les sucres ajoutés et les sucres naturellement présents dans les aliments. Par exemple, le tableau de la valeur nutritive d’une tasse de jus d’orange sera semblable, pour ce qui est du nombre de calories et de glucides, à celui d’une tasse de boisson gazeuse (hormis pour les vitamines). Il est donc très difficile de savoir quelle quantité il y a de sucres raffinés dans certains produits.

Voilà pourquoi il faut savoir différencier les diverses catégories de glucides: il est évident qu’un verre de jus est bien meilleur pour la santé qu’un verre de boisson gazeuse! «Il faut aussi se fier à son jugement et ne pas croire que, sous la ligne «sucres» du tableau de la valeur nutritive, se retrouve uniquement la quantité de sucres ajoutés par l’industrie», affirme Hubert. Prenons, par exemple, le lait au chocolat. Pour une tasse, on retrouve près de 28g de glucides. Or, le lait contient du lactose, un sucre qui y est naturellement présent. Lorsqu’on soustrait le lactose (13g), on se retrouve avec un résiduel de 15g, ce qui pourrait ressembler à la quantité de sucres ajoutés pour donner sa saveur sucrée et chocolatée au lait au chocolat tel qu’on le connaît.» Nous voilà maintenant mieux outiller pour décoder tout ça!

Je lisais récemment que certains professionnels comparent le sucre à un poison, et c’est plutôt préoccupant. «Ils vont trop loin, commente Hubert. Je ne commencerai pas à me cacher pour manger un aliment sucré.» Notre alimentation doit être constituée de 45% à 65% de glucides, selon les recommandations de Santé Canada, ce qui comprend les sucres ajoutés, tel que mentionné ci-dessus. On vise une consommation maximale de 10% de nos calories sous forme de sucres raffinés, ce qui correspond à 50g. Cependant, l’Organisation mondiale de la Santé croit qu’il faut réduire la recommandation des sucres ajoutés de 10% à 5% de l’apport total en calories de la journée, ce qui équivaut, pour une diète de 2000 calories, à un petit dessert et à une collation!

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