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07:25 24 mai 2020 | mise à jour le: 25 mai 2020 à 13:35 temps de lecture: 6 minutes

Trésor caché : Wreckfest

Trésor caché : Wreckfest

Dans cette nouvelle série de chroniques, je vous fais découvrir des jeux sous-estimés qui méritent toute votre attention. Que ce soit des productions indépendantes ou à plus petit déploiement, cette tribune fera honneur aux créateurs passés dans l’ombre des géants. Si vous aimez cet exercice, je vous conseille fortement d’aller lire les articles similaires de mon collègue Sylvain.

Wreckfest : un développement tumultueux

Le développement du jeu Wreckfest a débuté il y a plusieurs années, en 2012 plus précisément. À l’époque, le projet était connu sous le nom de « Next Car Game ». Faute de trouver un éditeur, le studio BugBear Entertainment avait opté pour un accès anticipé sur Steam par le biais de précommandes ainsi qu’une campagne de sociofinancement sur Kickstarter.

Ladite campagne n’était pas en voie d’atteindre son objectif de financement établi à 350 000 $ US, poussant BugBear à l’annuler. Heureusement, la version en accès anticipé a séduit le public en 2013. Au cours d’une seule semaine, le jeu a généré un million de dollars de ventes. Par la suite, BugBear a changé le nom du projet pour Wreckfest. Les ventes ont permis au développeur d’ajouter beaucoup de contenu, par exemple des arènes de démolition et de nouveaux véhicules.

Le succès de la version en accès anticipé sur PC a attiré l’attention de l’éditeur THQ Nordic, qui a permis aux développeurs de porter le jeu sur les consoles PlayStation 4 et Xbox One en 2019. La raison pourquoi je dresse un portrait sommaire de l’historique du jeu est simple : je voulais démontrer à quel point BugBear en a ramé avec son projet malgré ses bonnes intentions. Au final, c’est la qualité du produit qui a parlé.

wreckfest. credit: Nickola on Steam

Une lettre d’amour aux fans de Demolition Derby

Je dois me confesser : je n’aime pas beaucoup les jeux de course. Du moins, pas les simulations à la Gran Turismo ou encore Forza. Ce que je veux, c’est peser à fond sur l’accélérateur et détruire mes adversaires. Plus jeune, j’avais adoré Carmageddon pour cette raison. Plus tard, c’était au tour de Destruction Derby de me fasciner, puis de Burnout.

Wreckfest est tout ce que j’ai toujours voulu d’un jeu de course où il est possible et même recommandé de semer le chaos. Ses modes Deathmatch et Team Deathmatch vous plongent dans des arènes où l’acier se tord à chaque impact. BugBear n’a aucune gêne à flirter avec le ridicule, ce qui donne du gameplay à la fois excitant et amusant.

Prenez par exemple la sélection de voitures. Certes, il est possible d’attaquer les pistes avec sérieux et des véhicules plutôt standard, mais vous pouvez aussi (lorsque le serveur le permet) opter pour des véhicules spéciaux : autobus, sofa motorisé (!), limousine, tondeuse et autres bolides uniques forment une sélection variée.

Le résultat net est un jeu où, pour le meilleur et pour le pire, troller est aussi un art. Ce pourquoi plusieurs serveurs n’autorisent pas les véhicules spéciaux, car bloquer un virage avec son autobus occasionne souvent des carambolages incroyables. Puis il y a ceux comme moi qui n’hésitent pas à faire machine arrière et attaquer le peleton de tête dans le sens contraire.

wreckfest. Credit photo: Nikola on Steam

La beauté dans l’inégalité

J’encense Wreckfest, mais je suis conscient que ce n’est pas un jeu parfait. D’abord, son mode carrière n’est pas très bien construit. BugBear vous propose quelques événements spéciaux contre l’intelligence artificielle avec un système de progression basé sur des points d’expérience. La plupart des défis sont intéressants, sans plus. Il n’y a pas vraiment d’explications ni de présentation.

Après sur le plan technique c’est moyen. La fréquence d’images (framerate) en prend un coup quand l’action devient chaotique à l’écran sur une console de base. Il est facile d’exploiter le système d’XP pour booster son niveau en quelques heures, donc la progression n’est pas vraiment utile. Et pourtant, j’ai toujours le sourire aux lèvres quand le coup de départ est lancé et que les voitures luttent pour la première position.

Je crois que c’est en partie parce qu’il n’y a pas vraiment d’autres jeux comme Wreckfest sur le marché en ce moment. La communauté de joueurs sur PlayStation 4 et Xbox One est petite. Si vous aimez toujours rencontrer de nouveaux pilotes, ce n’est peut-être pas pour vous. Au contraire, j’aime bien voir des noms familiers et me venger sur le bitume.

wreckfest. Credit photo: Will (the real one) on Steam

Verdict

Les plus

  • Gameplay addictif
  • L’aspect chaotique des courses
  • Le meilleur jeu de course dans son genre

Les moins

  • L’aspect technique en pagaille
  • Communauté restreinte

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