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13:44 2 juillet 2020 | mise à jour le: 2 juillet 2020 à 14:31 temps de lecture: 7 minutes

PS Now: État des lieux

PS Now: État des lieux

Aux origines du PS Now

Le test du service PS Now a été réalisé grâce à un code généreusement fourni par Sony Computer Entertainment Canada.

En ligne depuis le 28 janvier 2014 en Amérique du Nord, le PlayStation Now a mué à de nombreuses reprises pour prendre la forme qu’on lui connait désormais. Le service de Cloud Gaming de la PlayStation 4 (et peut-être PS5?) est à l’origine un projet de David Perry (oui, oui, le fondateur de Shiny Entertainment) du nom de Gaikai. L’entreprise fondée en 2008 avec un service fonctionnel en 2011 se fait finalement racheter par Sony le 2 juillet 2012. 8 ans plus tard, le PlayStation Now (ou PS Now) permet de jouer à des jeux PS2, PS3 et PS4. Mais est-ce qu’il vaut la peine? Explications sans langue de bois.

On peut filtrer la sélection en fonction de ce que l’on recherche

Cloud Gaming: jeu dans le nuage, jeu à la demande. Il s’agit d’avoir une machine, peu importe sa puissance, connectée à internet et de profiter de jeux vidéo sur un serveur distant. Une connexion rapide est indispensable puisqu’il faut que la latence soit inexistante ou presque entre le moment où l’utilisateur appuie sur une touche et le moment où celle-ci s’effectue à l’écran. Exemple de services de Cloud Gaming: PS Now, Stadia, GeForce Now, Shadow.

Illustration du fonctionnement du jeu à la demande

Une technologie unique

Dans l’univers des consoles de jeux, le PS Now fait quelque peu bande à part, en tout cas en occident. On rappelle en effet que l’aventure Cloud Gaming, soit un vrai Netflix du jeu vidéo, est un projet qui remonte à très loin. L’un des premiers essais concluant était OnLive en 2010 qui a connu un échec magistral la faute à des connexions internet peu ou pas adaptées pour du jeu 100% en ligne. De plus, mentionnons que Capcom a expérimenté avec Resident Evil VII sur Nintendo Switch en utilisant ce système mais uniquement au Japon en 2018.

Quant au PS Now, il a pris son temps avant de se montrer et c’est tant mieux. Pour l’avoir essayé il y a 3 ans, les bogues étaient encore nombreux. Aujourd’hui la technologie est bien plus rodée et l’expérience bien plus fluide. Voyons donc ce qui est disponible.

Un service hybride

Le PS Now est en fait un service hybride depuis 2019. En plus du Cloud Gaming, il est possible de télécharger des jeux à l’exception des titres PS3 qui sont uniquement disponible en streaming. De la même manière que le Xbox Game Pass, on peut donc profiter de certains jeux PS2 et PS4 sans avoir besoin d’une giga connexion… à condition d’avoir l’espace disque nécessaire.

De nombreux jeux sont disponibles en téléchargement

En effet, l’intérêt du PS Now est l’immédiateté. On sélectionne son jeu, on valide et c’est parti. Pas de téléchargement et d’installation, mais les temps de chargement sont toujours présents.

Le catalogue compte désormais plus de 800 jeux dont plus de 300 disponibles en téléchargement. De plus, il est possible d’utiliser le service non seulement sur PS4 mais aussi sur PC via une application Windows. Rien d’annoncé pour le moment pour MacOS ou Linux.

Tous les jeux PS3 disponibles sur le service ne sont jouables qu’en streaming pour des raisons évidentes

Une expérience mitigée

Si le service fonctionne la majeure partie du temps sans accrocs, j’ai pu faire l’expérience de ralentissements intenses régulièrement avec deux jeux PS3 (Castlevania Lords of Shadow et sa suite). Ils durent quelques secondes pendant lesquelles les touches ne répondent plus ou très mal. C’est pénible dans un jeu où le timing est plus que nécessaire.

On apprécie cependant le fait que lorsqu’on lance un jeu via le PS Now, tout jeu ou application ouvert est suspendu et non fermé. On peut y revenir une fois que l’on a fini de s’amuser via l’application en streaming.

Dans un autre ordre d’idée, j’ai également joué à 11-11 Memories Retold (un magnifique jeu sur la Seconde Guerre Mondiale au passage) et le jeu est devenu inutilisable en streaming à cause de déconnexions intempestives mais qui ne venaient pas de mon bord puisque j’étais toujours connecté au PSN. C’est ainsi que j’ai découvert un autre problème si l’on peut dire. Par ailleurs, si un bogue de ce genre apparait, votre session en cours ne sera pas correctement fermée et il sera impossible de lancer un autre jeu sans redémarrer la console à défaut de pouvoir fermer complètement l’application.

Le menu qui apparait lors d’une session de jeu en streaming pour un jeu PS3 (on peut faire apparaitre le XMB de la PS3 pour voir les trophées)

Les sauvegardes sont gérées différemment selon la présence ou non du jeu sur le disque dur. En gros si vous commencez un titre en streaming mais que pour une raison ou une autre vous souhaitez le continuer après l’avoir téléchargé, sachez que votre sauvegarde de la version en Cloud Gaming ne sera pas importée automatiquement. Non seulement il faut le faire vous-même mais en plus il faut obligatoirement être abonné au PS+ pour pouvoir le faire. Sony aurait pu aller au bout de son idée et pousser le côté pratique à 100%.

Le dernier point qui m’irrite quelque peu est la déconnexion pour cause de passivité. Sony a créé un système de liste d’attente et de priorité pour les jeux en streaming. C’est à dire que pour un jeu très populaire, c’est possible de faire la file virtuellement pour pouvoir y jouer. Le contrecoup de cette pratique c’est que si vous restez inactif pendant 10 ou 15 minutes, vous serez déconnecté et devrez relancer le jeu ou refaire la file. Si on comprend la cause, l’implémentation aurait pu être mieux faite.

Le compte à rebours vous laisse une minute pas une de plus pour toucher la manette sans quoi vous devrez redémarrer le jeu.

Conclusion

Pour 12,99$ par mois, 34,99$ pour 3 mois, ou 79,99$ pour 1 an, le PS Now est un excellent service avec un catalogue des plus riches y compris des exclusivités parfois très récentes. Comme pour Netflix ou le Xbox Game Pass, de nouveaux jeux sont régulièrement ajoutés tandis que d’autres sont retirés, offrant ainsi un roulement bienvenu. Cependant, le service n’est disponible que dans 18 pays. On déplore de même l’absence de jeux de la PlayStation originale mais qui sait? Peut-être lors de la mouture PS5?

Un texte de Antoine Clerc-Renaud

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