Jeux vidéo
08:00 10 mars 2021 | mise à jour le: 10 mars 2021 à 10:30 temps de lecture: 4 minutes

Critique – Blind Drive

Critique – Blind Drive

On pensait avoir tout vu. Heureusement, les indies sont toujours là pour nous surprendre avec des concepts novateurs et complètement fou. Blind Drive est un jeu de conduite, à l’aveugle!

Le personnage que vous incarnez a naïvement répondu à une annonce classée de test clinique, pour se retrouver au volant d’un véhicule, les yeux bandés et les menottes aux poignets. Quand la voiture se met à rouler et que les freins ne fonctionnent pas, vous savez que vous êtes dans un beau pétrin. Le téléphone sonne et la voix transformée de votre ravisseur vous ordonne de suivre ses instructions.

Les yeux bandés, vous devez vous servir uniquement de votre ouïe pour éviter les voitures et obstacles en déplaçant la voiture à gauche ou à droite. Saurez-vous relever le défi?

Chapeau aux trois acteurs qui prêtent leur voix aux personnages, qui ont fait un excellent travail pour rendre cette expérience amusante et crédible. On est loin des doublages trop souvent monocordes de jeux vidéos, où l’on peut presque les entendre tourner les pages… Ici, c’est joué de façon naturelle. On y croit.

C’est en partie grâce au script rigolo et bourré de rebondissement que Blind Drive réussit si bien à nous captiver tout au long de l’aventure. Ces surprises scénaristiques sont bien sûr un prétexte pour faire évoluer la mécanique de jeu et y ajouter quelques variations. Sans tout dévoiler, je me permettrai de dire que ce n’est pas seulement des voitures que l’on devra éviter… ou frapper volontairement !

Quelques un des 27 niveaux ajouterons une couche de défi supplémentaire qui viendront nuire à notre concentration ou notre écoute, comme une mouche qui vous tourne autour, de la pluie qui résonne sur la carrosserie, ou les fenêtres qui se ferment, feutrant les indices sonores.

De la musculation pour l’ouïe

Avec notre critique de Rhythm Doctor paru récemment (un Rhythm Heaven indie pour PC), on pourra dire que le mois de mars aura entraîné notre ouïe comme jamais auparavant. Blind Drive est vraiment difficile par moment, puisque notre capacité d’écoute à 360° est rarement mise aussi rudement à l’épreuve. Soyez-en averti.

Ça fonctionne uniquement grâce au travail impeccable de design sonore fait par, croyez-le ou non, une seule personne (Giori Politi). En fait, l’équipe principale est composée de quatre membres. Un tout petit collectif, nommé Lo-Fi People. Pour en revenir au son, l’aspect 360° est maîtrisé à la perfection, mais c’est aussi tous les autres petits effets qui rendent le tout si immersif. On entend les chaînes des menottes contre le volant, les mouvements de la voiture, le crissement des pneus, et tout ce qui se passe autour.

Puisque le visuel à l’écran sert uniquement à afficher vos vies, la distance parcourue et votre score, vous pouvez trouver dans les options un mode carrément à l’aveugle, dans lequel l’écran sera totalement noir. J’avoue qu’il m’est arrivé, pendant des niveaux particulièrement difficiles, de fermer les yeux pour me concentrer sur les sons. Inutile de dire que vous aurez besoin de crinquer le volume, d’utiliser un casque d’écoute de qualité, et de vous isoler dans un environnement silencieux pour terminer l’aventure.

On en profite tout de même pour souligner la beauté du design visuel, de l’écran titre au menus: une production soignée et magnifique dans tout ses aspects.

J’ai testé la version Steam, qui est disponible dès aujourd’hui sur PC et Mac pour 10$, mais je comprends comment la version mobile pour iOS et Android peut fonctionner en tapant l’un côté ou l’autre de l’écran. La version pour smartphone est tout de même 6$ de moins, soit un tout petit 4$, pour un minimum de 90 minutes de jeu, ou beaucoup plus, si vous tentez de terminer le jeu aux trois niveaux de difficulté. Blind Drive est ingénieux, original et drôle: donc très facile à recommander aux joueurs à la recherche de petites expériences uniques.

Un texte de Martin Brisebois de Jeux.ca

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