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Le courage d’apprendre le français à 46 ans

Rusnara Begum se tient devant le Centre d’éducation des adultes Champlain, à Verdun.  Photo: Gracieuseté

La Verdunoise Rusnara Begum a remporté une bourse de la Fondation pour l’alphabétisation qui récompense ses efforts d’apprentissage du français. La mère de famille complètera sous peu son premier secondaire avec le Centre Champlain et souhaite éventuellement devenir préposée aux bénéficiaires. 

Mme Begum fait ainsi partie des dix lauréats honorés par la Fondation pour l’alphabétisation dans le cadre de la remise des bourses Retour réussite. Avec la contribution de la Fondation Desjardins, elle remporte un montant de 1500$.

Rusnara Begum, qui est d’origine bengalie, est arrivée à Montréal en 1995. Elle ne connaissait pas un seul mot en français, c’était alors l’inconnu total pour l’immigrante. La femme de 46 ans se remémore tout de même son intégration de manière positive. 

Elle a travaillé comme serveuse dans un restaurant pendant huit ans ainsi que dans un dépanneur pendant dix ans. «C’était très difficile de communiquer avec le public», relate Mme Begum. En 2017, elle a décidé de s’inscrire au Centre d’éducation des adultes Champlain (CEA) de Verdun pour apprendre le français. 

Cette école m’a donné la chance d’avoir une belle vie. 

Rusnara Begum

«C’est très difficile de trouver un bon emploi sans parler français», souligne la Verdunoise. C’est ce désir d’avoir un meilleur travail qui l’a poussée à retourner sur les bancs d’école. La mère de famille désirait également apprendre le français pour aider ses jumeaux de 11 ans dans leurs devoirs scolaires. Sa volonté a porté fruit puisqu’elle accompagne désormais ses garçons pour leurs leçons, un accomplissement dont elle est fière.  

Efforts 

Rusnara Begum investit environ 35 heures par semaine dans l’apprentissage de la langue française. Elle arrive maintenant à rédiger un courriel, lire un livre, discuter avec des gens et parler en groupe. «C’était très difficile au début, mais j’ai travaillé très fort», indique l’étudiante.

Elle admet que tout le chemin parcouru n’aurait pas été possible sans le dévouement du personnel de l’école. L’immigrante raconte que ses professeurs ont été disponibles et à l’écoute très tôt dans son parcours académique. La psychoéducatrice du Centre Champlain l’a aussi beaucoup aidée, entre autres pour améliorer sa concentration durant les classes.

Mme Begum est sur le point de terminer son premier secondaire. D’ici la fin de l’année scolaire, elle vise à compléter son cinquième secondaire. L’étudiante est prête à investir les efforts nécessaires pour atteindre son but.

Par la suite, la Verdunoise souhaite entreprendre une formation afin de devenir préposée aux bénéficiaires. «Ce qui m’attire, c’est de travailler en groupe. J’ai une grande facilité à communiquer avec les gens et à les écouter», explique Mme Begum, ajoutant qu’elle adore les personnes âgées. 

L’étudiante reconnaît que la pandémie a exacerbé les besoins de personnel dans les établissements de santé. Elle estime qu’elle fait un bon choix de carrière vu le manque de préposés aux bénéficiaires à Montréal. 

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