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Les organismes du Sud-Ouest haussent la voix pour le communautaire

Les organismes se sont réunis pour manifester. Photo: Métro Média - Lila Maitre

Les organismes du Sud-Ouest ont levé la voix ce jeudi lors d’une manifestation à Pointe-Saint-Charles, dans le cadre de la dernière journée de la grève du communautaire, qui a eu lieu au courant de la semaine dans l’ensemble du Québec. Ces derniers demandaient un meilleur financement afin de pallier, entre autres, la pénurie de main-d’œuvre.

«On fait du bruit», voilà le message lancé par les organisateurs au début de cette manifestation qui démarrait au carré d’Hibernia. Pendant environ une heure, les travailleurs des organismes communautaires, accompagnés de membres et habitants, ont défilé en fanfare à travers le quartier.

Plusieurs organismes du quartier ont mis durant toute la semaine des silhouettes rouges devant leur vitrine, afin de symboliser les employés manquants. Les manifestants se sont arrêtés devant certaines des vitrines afin d’exprimer leur soutien.

«On veut attirer l’attention de notre quartier sur les conditions du communautaire», explique l’un des organisateurs de l’événement, le chargé de projet à la Corporation de développement communautaire (CDC) de Pointe-Saint-Charles, Action-Gardien, Charles-Étienne Filion.

Pénurie de main-d’œuvre

Mardi dernier, les organismes montréalais avaient défilé lors d’une marche qui partait de la place Émilie-Gamelin afin de mettre en lumière les problèmes financiers du communautaire, qui causent une grande pénurie de main-d’œuvre.

Pénurie vécue par les organismes du Sud-Ouest. Au Comité d’éducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et de Saint-Henri (CÉDA), il manque sept employés.

«On est pris dans un cercle vicieux, on n’a pas assez d’argent pour faire les activités et, quand on trouve l’argent, on a tellement de mauvaises conditions qui font qu’on n’arrive pas à embaucher», indique la responsable de la francisation, Anaïs Marchaut.

Pour elle et sa collègue, l’animatrice en alphabétisation populaire Danielle Laurendeau, ces problèmes de financement ont un impact direct sur les populations de Saint-Henri et de la Petite-Bourgogne. Par exemple, la personne qui s’occupait du comptoir à linge étant partie, le service n’est plus disponible pour les personnes qui en ont besoin.

Plusieurs organismes ont disposé des silhouettes symbolisant les employés manquants – Métro Média – Lila Maitre

Pour l’habitant de Pointe-Saint-Charles Charles Letalien, venu participer à la manifestation, les organismes communautaires sont essentiels.

«Ces organismes, ça m’aide beaucoup personnellement […] il y a énormément de personnes qui sont dépendantes et si les organismes communautaires ferment, ça risque de faire des bris dans leur vie privée.»

Gentrification et hausse de loyers

«Dans les quartiers gentrifiés, comme Saint-Henri, Petite-Bourgogne et Pointe-Saint-Charles, les organismes communautaires sont les derniers lieux pour les personnes pauvres. Il n’y a plus d’autres espaces de sociabilité pour elles», ajoute Danielle Laurendeau.

Beaucoup de quartiers du Sud-Ouest connaissent un fort embourgeoisement et donc une hausse des loyers.

L’organisme Madame prend congé de Pointe-Saint-Charles a dû, il y a quelque temps, quitter la rue Centre pour la rue Grand Trunk, qui est plus excentrée. Pour l’adjointe à la coordination de l’organisme, Julie Krempp, ce déplacement a eu des conséquences néfastes pour certaines des femmes du centre. En raison de l’éloignement, certaines d’entre elles ont arrêté de fréquenter l’organisme.

D’autres groupes communautaires du Sud-Ouest connaissent ce même problème.

«Les groupes qui sont logés dans la maison Saint-Charles n’ont pas assez de financement pour payer leur loyer. Donc ils se retrouvent à diminuer leur espace de travail ou à couper des activités», souligne le coordonnateur du Carrefour populaire de Pointe-Saint-Charles, Nicolas Delisle-L’Heureux, en ajoutant que le Carrefour est également menacé de fermeture alors que la mise en place d’un loyer imposé au Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) est prévue pour juillet 2022.

Pendant cette semaine de grève, les organismes québécois ont demandé au gouvernement de leur allouer un financement de 460 M$. Dans le Sud-Ouest, on espère qu’un rehaussement des finances permettra de pallier la pénurie de main-d’œuvre et la hausse des loyers.

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