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Des craintes autour de l’agrandissement de l’aéroport Montréal-Trudeau

Des craintes autour de l’agrandissement de l’aéroport Montréal-Trudeau
Photo: Archives MétroUn avion vole au-dessus d'une maison, près de Dorval.

Les Pollués de Montréal-Trudeau demandent à la justice de bloquer le projet d’agrandissement de l’aéroport de Montréal tant qu’une évaluation des impacts n’est pas réalisée. Ils craignent de voir une augmentation du nombre d’avions et de la pollution sonore au-dessus de la ville.

«C’est quand même étrange qu’un projet de plus de 2,5 G$ ne soit pas soumis à une étude d’impact avant sa réalisation, s’étonne Pierre Lachapelle directeur de l’organisme. Il y a des demandes de permis municipaux pour des projets beaucoup moins chers qui sont soumis à la consultation des citoyens.»

Les Pollués ont demandé à la Cour supérieure du Québec d’examiner la gestion des opérations nocturnes à l’aéroport Montréal-Trudeau. «Cette gestion obéit-elle aux pratiques raisonnables dans une société fondée sur le droit, quand il est question d’un équipement industriel, dont les impacts sur la santé du public sont majeurs?», écrivent-ils.

Pour rappel, les Pollués de Montréal-Trudeau qui luttent contre le bruit des avions ont intenté un recours collectif autorisé par la Cour supérieure en avril 2018. Ils demandent à Aéroports de Montréal (ADM), NAV Canada et Transport Canada de prouver devant la justice que les activités de trafic aérien ne causent pas de préjudices aux plaignants.

Plus de passagers, plus d’avions

L’agrandissement de l’aérogare annoncé par ADM en avril vient selon eux augmenter le bruit. «Mais l’aéroport de Montréal-Trudeau peut-il accueillir sans limitation et sans contrôle une croissance exponentielle de son trafic au regard des principes du développement durable qui font partie du droit canadien ?», écrivent-ils dans la demande d’injonction déposée devant les juges.

Pour appuyer ses propos, M. Lachapelle mentionne qu’ADM a annoncé des aménagements des pistes de sorties des avions. «Ces pistes permettent aux avions qui atterrissent de quitter les pistes plus vite. Cela annonce forcément une augmentation du trafic», relève-t-il.

L’augmentation du nombre d’avion au-dessus de Montréal vient selon M. Lachapelle d’une mauvaise décision prise en 1996. Il fait référence au rapatriement des vols internationaux à l’aéroport de Dorval alors qu’ils étaient accueillis à Mirabel depuis 1975.

«On n’avait que les vols intérieurs, après 1996 on a eu deux aéroports, avec cet agrandissement on en aura trois», s’insurge-t-il. Les projections d’ADM estiment le nombre de passagers qui transiteront par Montréal à 20 millions en 2019, à 25 millions en 2025 et 35 millions vers 2035.

Pas d’extension de territoire

Par ailleurs, la demande des Pollués de Montréal-Trudeau pour que les citoyens qui résident à l’ouest de l’aéroport de Montréal soient concernés par leur recours collectif a été rejetée pour des questions de procédures.

L’avocat des Pollués avait présenté le 14 mai une demande devant le juge pour élargir le groupe des plaignants contre le bruit des avions aux résidents de Lachine et des villes liées de Dorval, Pointe-Claire et Beaconsfield.