Ahuntsic-Cartierville
05:00 11 mars 2021 | mise à jour le: 11 mars 2021 à 07:25 temps de lecture: 4 minutes

Un an de COVID-19: «On s’est fait avoir», dit le PDG du CIUSSS

Un an de COVID-19: «On s’est fait avoir», dit le PDG du CIUSSS
Photo: Archives MétroLes CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci et Laurendeau avaient défrayé la chronique lors de la première vague de COVID-19.

Alors que la campagne de vaccination de masse contre la COVID-19 est commencée, le PDG du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, Frédéric Abergel, fait le point sur une année de pandémie de COVID-19. Si aujourd’hui les services de santé se sont adaptés, la situation était loin d’être évidente quand l’alerte a été lancée.

Pour M. Abergel, l’arrivée du coronavirus en mars dernier était attendue au Québec alors qu’il commençait à se répandre dans le monde.

«Cela faisait un peu peur parce qu’on voyait ce qui se passait dans d’autres pays. On regardait ce qui se déroulait en Chine et en Italie. On s’était dit c’est comme le H1N1, il y a presque 10 ans. On va préparer les hôpitaux, mais on s’est fait avoir», admet le premier responsable du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal.

Les contaminations de COVID-19 ont touché les centres d’hébergement infectant chaque jour de nombreux résidents et entraînant des milliers de décès dans les CHSLD.

«En fait, les CHSLD devaient également être préparés, mais le virus a été plus rapide. C’est entré juste quelques semaines trop tôt. Trois semaines de plus, et cela aurait été très différent», observe-t-il.

Le plus difficile a été de comprendre comment se prémunir et protéger les gens quand les scientifiques en savaient très peu sur le SRASCoV-2.

«Avec ce virus, le seul mot constant c’est la surprise», admet M. Abergel.

La connaissance avançait tous les jours et les responsables des services de santé étaient inondés d’informations quotidiennement. S’adapter en permanence relevait d’acrobaties dans une structure qui emploie 14 000 personnes. Laisser place au sens de l’initiative chez les travailleurs représentait la solution aux yeux de M. Abergel.

«Je pense que si on n’avait pas fait confiance aux équipes, on serait vraiment dans une situation plus difficile», croit le PDG.

Pour lui, la direction devait à ce moment-là venir en soutien aux employés et médecins.

«Les gens étaient très engagés. J’ai vu des gens des CLSC qui allaient travailler dans les centres d’hébergement alors qu’ils n’y avaient jamais mis les pieds avant», souligne-t-il.

En pleine crise de COVID-19, les journées de travail s’allongeaient et les sept jours de la semaine étaient très occupés.

«Il a fallu qu’on impose des vacances à certaines personnes. Il fallait que des gens se reposent aussi», se souvient Frédéric Abergel.

Deuxième chance

Le répit est tout de même arrivé quand la première vague est passée vers la fin du printemps. Toutefois, les leçons avaient déjà été tirées.

«On s’est dit: ‘‘nous avons deux choix. On se repose et on prie pour que n’arrive pas une deuxième vague ou alors on continue fort à se préparer’’», convient-il.

Le CIUSSS a pris la seconde option tout en apportant des améliorations à la façon de faire pour faire face à la COVID-19.

«On a appris à penser autrement pour ne pas se faire surprendre. On a essayé de trouver plein de scénarios qui ne vont peut-être jamais arriver, mais au moins cela nous permet de nous adapter», décrit-il.

Cette mobilisation s’est traduite notamment par l’installation des différentes équipes pour le dépistage de COVID-19 dans les hôpitaux et les CHSLD.

«Maintenant, c’est la vaccination. Il faut tout faire pour immuniser le plus grand nombre de personnes le plus vite possible», prévient-il.

Alors que la structure a amélioré sa résilience face à une crise sanitaire hors normes, M. Abergel reste prudent quant à l’avenir. Il préfère observer l’évolution des choses à moyen terme.

Articles similaires