Pour accumuler suffisamment de ces foulards d’arbres, Carine Châtelais a invité les gens du quartier à venir tricoter: « Des amis, des commerçants et des enfants aussi sont venus, c’était vraiment bien, ça m’a permis de rencontrer plein de gens », s’exclame-t-elle.
Depuis 12 ans Mme Châtelais tricote et fait du design. Après avoir complété ses études au Collège LaSalle, elle a démarré, en partenariat avec sa mère, son entreprise dès l’année suivante en 2000. La designer concède que le saut s’est fait rapidement, mais elle ajoute: « Depuis que je suis toute petite je savais ce que j’allais faire, je ne me suis jamais posé la question! »
En 2007, Maillagogo a ouvert sa première boutique dans Villeray et pour Carine Châtelais, le changement était considérable: « Je me rends compte que j’aime vraiment mieux distribuer dans mes boutiques, puisque je peux créer un modèle et trois jours plus tard il est sur le plancher. Lorsqu’on distribue à d’autres, il faut créer six mois à l’avance, c’est moins intéressant sur le plan créatif », résume-t-elle.
Pour l’hiver la collection de Maillagogo est composée en majeure partie de tricot, mais Mme Châtelais fait aussi des confections « coupées cousues ». D’ailleurs la designer ne s’en cache pas, le tricot est pour elle une vraiment passion: « mon dernier projet d’école je l’ai fait en tricot puisqu’on ne l’apprend pas à l’école et c’est là que j’ai eu le déclic. Ce qui est drôle quand même parce que j’ai toujours vu ma mère tricoter, mais je n’avais jamais essayé avant », se souvient-elle visiblement encore inspirée par le fait de partir d’un simple fil et de créer une pièce unique.
Pourquoi Fleury Ouest?
Lorsque questionnée sur l’emplacement de sa seconde boutique, Mme Châtelais s’emballe: « Je cherchais un quartier, un peu comme Villeray d’ailleurs, qui a l’aspect d’un petit village, où les gens se connaissent, avec la communauté serrée. Ça faisait déjà deux ans environ que je cherchais un local. Je ne voulais pas m’installer dans un centre d’achat ni sur une rue commerciale », indique-t-elle. C’est finalement en contactant son ami de longue date, le chef propriétaire du St-Urbain, Marc-André Royal, qu’à tout hasard elle a appris qu’un local était libre sur l’artère: « Deux semaines plus tard, je signais déjà mon bail », se souvient la designer.