Le rapprochement est un exercice de sensibilisation à la réalité de nos concitoyens autochtones. « Étant donné que j’ai un profil en communications, j’ai donc décidé de monter un produit de communication, mais en diffusant les messages à travers des photos sur des enjeux que j’ai décodés à force de fréquenter des gens des Premières Nations », explique Mme Bourdon. Les clichés captés par la photographe et ses collègues, Iva Zimova, Paul Brindamour et Robert Fréchette, présentent des artistes et artisans autochtones dans un décor qui est celui de la vie quotidienne. « Le point en commun de ces photos réside dans le fait qu’ils sont un regard positif sur des situations qui par ailleurs comportent des zones d’ombres », analyse la photographe.
« C’est une exposition que j’ai commencé à construire en 2007. J’ai tenu à m’associer à des photographes qui auraient le même type de regard que moi sur les Autochtones desquels j’ai acheté des œuvres afin de me constituer un propos original, dans lequel je peux piger pour mes expositions, en fonction de l’espace disponible », présente la photographe. Nous avons également tenu à séparer les dix premières nations en sol québécois de la nation Inuit qui auraient pu mobiliser une exposition à elle seule.
Le rapport au temps
La démarche de Mme Bourdon cherchait à explorer le rapport au temps des Premières Nations, c’est d’ailleurs pourquoi les photos montrées dans Le rapprochement ont été prises avec des caméras argentiques. « Je n’avais pas besoin de l’instantanéité du numérique puisque je me rendais dans des cultures de tradition orale ou le rapport au temps est circulaire plutôt que linéaire ».
L’exposition est montée de manière à présenter des duos de photographies: « Dans mon cas, je réalisais d’abord des portraits avant de capturer ensuite quelques clichés des mains de mes modèles, qu’ils soient artisans ou hommes politiques », complète Mme Bourdon.
Pour monter Le rapprochement, Mme Bourdon a certes fait quelques incursions au sein même des communautés des Premières Nations, mais a également fait quelques rencontres en milieu urbain: « Avec mon travail, mais aussi bénévolement, je suis souvent impliqué dans des évènements qui amènent différents représentants autochtones à Montréal. J’en profite toujours lors de ces occasions pour organiser des rencontres qui pourront ensuite mener à une séance de photos ».
Mme Bourdon présente pour une dernière fois les photos qui composent le catalogue de Le rapprochement. Elle poursuivra, dans son prochain projet sa démarche pédagogique visant à établir des ponts entre cultures autochtones et québécoises.