Ahuntsic-Cartierville

30 000$ pour un logement insalubre

Une ancienne locataire d’un duplex de la rue Saint-Réal poursuit la propriétaire de l’immeuble. Elle souhaite résilier son bail et être dédommagée pour les problèmes physiques et moraux qu’elle dit avoir subis en vivant dans un logement rempli de moisissure.

Samantha Lisi a quitté son logement avec sa fille de 17 ans le 31 août dernier, avec en main un rapport de la Direction de la santé publique (DSP) faisant état de la dégradation du logement et de sa dangerosité pour la santé des locataires. «Nous jugeons que l’appartement présente des conditions propices à une contamination fongique et est considéré comme impropre à l’habitation dans les conditions actuelles», indique-t-on dans le document daté du 8 août.

Au moins deux mètres carré de moisissures visibles ont été observés à l’intérieur de l’appartement. Dans le rapport, on note également des problèmes reliés à la structure du bâtiment.

Mme Lisi occupait le 3 et demi situé dans le demi-sous-sol du 11 876, rue Saint-Réal depuis plus de trois ans lorsqu’elle a quitté les lieux. Les problèmes ont débuté dans la dernière année.

«Les jours de pluie, l’eau entrait par la porte d’entrée. Lorsque je parlais du problème avec la propriétaire, elle me disait qu’elle allait apporter des changements. Finalement, c’était tout le temps minime. Sauf une fois où ils ont changé un mur, mais deux ou trois mois plus tard, la moisissure avait repris le dessus, car le problème n’avait pas été réglé à la source.»

En plus des sinusites et des bronchites à répétition, la résidente affirme avoir perdu des meubles et avoir dû jeter des vêtements devenus verts de moisissure. Mme Lisi fera entendre sa cause le 2 décembre à la Régie du logement. Elle réclame près de 30 000$ au total.

Selon la propriétaire Randa Hobeychi, après les travaux effectués il y a moins d’un an, il aurait fallu que la locataire quitte pour permettre d’aérer le logement sur une longue période. «Je lui ai offert à plusieurs reprises de quitter, mais elle a insisté pour que je lui fasse un prix. Notre objectif est de tout réparer le plus tôt possible pour relouer le logement.»

Pour la propriétaire, Mme Lisi cherche à lui soutirer de l’argent.

Travaux correctifs

Avant que la DSP intervienne dans le dossier, l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville a remis quatre contraventions pour des raisons de salubrité à la propriétaire, à partir de décembre 2010. À l’heure actuelle, l’arrondissement attend de la propriétaire qu’elle fasse parvenir le devis des travaux correctifs.

«Nous vérifions régulièrement pour s’assurer que personne n’occupe le logement entretemps», mentionne Richard Blais, chef de division de l’urbanisme, permis et inspection.

Dans sa bataille, Mme Lisi souhaite que les locataires qui occupent les trois autres logements de l’immeuble sortent aussi du bâtiment. «Je ne veux pas qu’ils mettent leur santé en danger», souligne-t-elle.

D’autres cas d’insalubrité

Le Comité logement Ahuntsic-Cartierville affirme qu’il y a d’autres cas d’insalubrité dans l’arrondissement. «On est en train de les répertorier, car ces cas s’aggravent rapidement, mentionne Andréanne Collard-Simard, organisatrice communautaire au Comité logement. Nous recevons souvent des appels pour des cas de moisissures, surtout provenant d’immeubles situés à Cartierville.»

L’organisme envisage de mettre en place une campagne contre l’insalubrité, afin de sensibiliser les inspecteurs de la ville. «Il s’agirait aussi d’une façon de dire aux locataires que, s’ils vivent cette situation, de le dire.»

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