Réunis au Centre Communautaire Laurentien et mosquée Al Rawdah, à Cartierville, 200 membres de la communauté musulmane de la circonscription d’Ahuntsic-Cartierville ont pu débattre avec trois candidats aux élections fédérales. Au centre de leur préoccupation, la question de l’islamophobie et comment lutter contre ce phénomène.
Si Mélanie Joly, candidate du Parti libéral du Canada (PLC), Maria Mourani, représentante du Nouveau Parti démocratique (NPD) et Nicolas Bourdon, prétendant au nom du Bloc québécois ont répondu positivement à l’invitation, le candidat du parti conservateur s’est absenté de la rencontre. Le candidat du parti vert n’a pas été invité.
«Nous avons voulu offrir aux candidats une occasion de s’adresser directement aux membres de la communauté et pour cette dernière, la possibilité de poser des questions qui lui sont spécifiques», a souligné Samer Elniz, directeur du centre communautaire.
Les candidats se sont présentés individuellement pour des séances d’échanges de 45 minutes environs.
S’engager comme citoyens
Pour Mélanie Joly, il appartient aux membres de la communauté d’aider à contrer les préjugés.
«La solution viendra de l’engagement des citoyens de cette communauté pour se faire entendre», a-t-elle dit. L’occasion de ces élections est propice pour un engagement plus affirmé des musulmans.
Maria Mourani a estimé que tout passe par un combat résolu contre le discours haineux. Par ailleurs, «il faut se parler et s’ouvrir les uns aux autres», a-t-elle dit. Elle convient aussi que la participation aux élections est une occasion pour contrer les préjugés.
Identités
Nicolas Bourdon a dû longuement s’expliquer sur la perception du Bloc et des souverainistes en général concernant la communauté musulmane ainsi que de leur définition de l’identité québécoise.
«Les souverainistes se sont éloignés de la vision de René Lévesque, de Jacques Parizeau ou encore de Jean Dorion», a fait valoir Djilali, un membre de la communauté. Il a pris pour exemple le débat sur la charte des valeurs Québécoises et s’est demandé si un voile ou un niqab détermine une identité.
«Je n’étais pas d’accord avec tout ce qu’il y avait dans cette charte, a répliqué M. Bourdon. Pour moi, l’élément déterminant pour définir un québécois, c’est la langue. C’est là où nous pouvons tous nous retrouver, quelles que soient nos croyances.»
Le débat a abordé aussi la question de la loi C51 qui étend les pouvoirs des services secrets en matière de lutte contre le terrorisme et la loi C29 qui permet de retirer la citoyenneté a quiconque détient une double nationalité et a été jugé pour un acte terroriste.
