Plus du tiers des résidents du Centre d’hébergement Louvain contestent devant la Régie du logement une augmentation de loyer imposée par le propriétaire des bâtiments, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Nord-de-l’Île. Selon eux, la hausse serait injustifiée puisque le locateur refuse de remettre en location une douzaine d’appartements inoccupés.
Les logements, dont les loyers se chiffrent à 400$ ou 600$, selon le nombre de pièces, sont occupés par des personnes âgées autonomes qui ont de faibles revenus. Bien qu’ils fassent partie d’un complexe qui abrite également un Centre hospitalier de soins à longue durée (CHSLD), aucun service de santé n’est fourni dans ces appartements.
En juillet, les administrateurs ont majoré les loyers de 4,6%, soit une augmentation annuelle allant de 220$ à 330$.
«C’est la moitié de mon revenu mensuel qui va aller dans le loyer», plaide Gilles Brault, l’un des résidents. Ce retraité de 69 ans fait partie d’un groupe de 25 locataires qui contestent la hausse de loyer.
«Au début il y avait plus de contestataires, mais quand vous envoyez un huissier à un petit vieux pour l’informer qu’il doit payer, il se tasse», fulmine M. Brault en exhibant la demande de modification de bail qui lui a été remis.
Des frais importants
Selon les documents de la Régie du logement, la hausse a été justifiée par le locateur sur la base de dépenses consenties pour gérer ses logements.
Outre l’augmentation des frais d’énergie, de gestion, d’entretien et d’assurances, le CIUSSS a créé un poste de préposé disponible 24h par jour, sept jours par semaine. Le coût de ce service est estimé par le locateur à plus de 264 000$ annuellement.
Dans un appel à la mobilisation des locataires, le Comité logement Ahuntsic-Cartierville (CLAC) déplore la hausse de loyer. «Cela fait plusieurs mois que des logements demeurent vacants alors que les locataires se sont vus demander une hausse importante de loyer.»
Selon un document de la Régie du logement du 27 mai, 12 logements sur les 71 sont inoccupés depuis 2014. Leur valeur locative combinée est de 67 236$ par année.
«S’ils veulent plus de revenus, ils n’ont qu’à louer les appartements vides», martèle Gilles Brault.
«Je trouve inacceptable une hausse des loyers de 4,6%. Le taux d’inflation est plus bas et il s’agit de logements sociaux», affirme Osvaldo Nuñez, administrateur de l’Association québécoise de défense des droits des retraités et préretraités Ahuntsic–Saint-Laurent.
Le CIUSSS n’a pas rappelé TC Media dans ce dossier, mais dans une précédente correspondance, la directrice adjointe du CIUSSS reconnaissait que l’administration attend des «orientations claires» avant de reprendre la location des appartements inoccupés.
En attendant, les contestataires surveillent leurs boîtes aux lettres pour connaître la date de l’audience devant la Régie du logement.
