Hochelaga-Maisonneuve
17:47 8 avril 2020 | mise à jour le: 8 avril 2020 à 19:18 temps de lecture: 4 minutes

L’Anonyme lance sa cantine mobile pour nourrir les personnes dans le besoin

L’Anonyme lance sa cantine mobile pour nourrir les personnes dans le besoin
Photo: Naomie GelperLes intervenants de l’Anonyme Jean-Carl Bujold et Yaelle Moses

L’autobus de l’Anonyme se transforme temporairement en cantine mobile afin de pallier la crise alimentaire provoquée par la pandémie de coronavirus. Depuis vendredi dernier, ce sont 250 boîtes repas par jour qui sont distribués à Montréal, chaque jour.

Il est 16 h 30 aux coins des rues Sainte-Catherine et Morgan. Derrière une table dressée à côté d’un véhicule, deux intervenants de l’Anonyme, Yaelle Moses et Jean-Carl Bujold, sont en poste pour distribuer des boîtes à lunch aux passants.

Présentement en réparation, l’autobus de l’Anonyme est temporairement remplacé par le véhicule du GÉMO pour continuer son offre de service.

En tout, ils feront six autres arrêts du genre d’ici la fin de la soirée, s’arrêtant entre autres à des intersections ou métros du Plateau-Mont-Royal, du centre-sud et de Mercier.

«C’est pour prêter main-forte aux banques alimentaires qu’on transforme nos actions du soir en distribution alimentaire», explique la directrice de l’Anonyme Sylvie Boivin.

En temps normal, et ce depuis près de 30 ans, l’organisme l’Anonyme travaille dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve afin de prévenir les infections transmises sexuellement (ITS) et promouvoir les relations égalitaires et sécuritaires.

Mais l’accroissement des besoins en matière de dépannage alimentaire force l’organisme à revoir temporairement sa mission.

Déstigmatiser

Les usagers de cette nouvelle aide alimentaire, c’est tout le monde qui a besoin de nourriture, soutient Mme Boivin. 

Toutefois, les intervenants de l’Anonyme «travaillent fort pour déstigmatiser les personnes» qui utilisent la banque alimentaire. 

«Souvent on parle des personnes en situation d’itinérance, mais on a aussi des mamans monoparentales qui n’ont pas accès aux épiceries parce qu’elles ne peuvent pas venir à plus que deux», raconte Mme Boivin.

La cantine mobile dessert donc une multitude de personnes qui n’ont jamais eu un besoin du genre auparavant.

«On essaie de les rassurer. On leur explique que c’est une période de crise, chaque personne qui a besoin de nourriture a le droit de venir chercher un lunch», souligne Sylvie Boivin.

Le trajet parcouru en temps normal par l’autobus de L’Anonyme pour offrir du soutien psychosocial, du matériel de protection et des références aux ressources a été légèrement modifié.

La distribution se fait successivement aux intersections Mont-Royal et Saint-Hubert, Berri et Maisonneuve, ainsi qu’aux métros Langelier, Radisson et Frontenac. Leur course se terminera à Care Montréal, rue Ontario, vers 22 h 15.

En collaboration avec tous les partenaires communautaires et institutionnels, un nouvel horaire a été conçu pour répondre aux besoins des usagers, indique Sylvie Boivin.

La cantine mobile sillonnera les rues de Montréal chaque soir grâce au soutien financier de la Ville de Montréal et la collaboration des organismes Rap Jeunesse, Dans la rue, le YMCA, et le CIUSSS du Centre-Sud.

Soutien, écoute et référencement

En plus du projet de la Cantine mobile, des membres de l’équipe travaillent également en intervention psychosociale.

Ils sont présents, tous les jours de 7 h 30 à 16 h 00, à côté de l’aréna Francis-Bouillon afin de soutenir les bénévoles et les employés volontaires de l’arrondissement qui œuvrent auprès des personnes en situation d’itinérance au centre de jour.

L’objectif est d’écouter les gens qui vivent certaines difficultés liées à l’attente du revenu, à la perte d’emploi ou au paiement du logement, explique Sylvie Boivin.

Leur rôle est aussi de gérer d’éventuelles situations de crise. «Si quelqu’un ne va vraiment pas bien, on veut s’assurer de sa santé et de sa sécurité. Par exemple, si quelqu’un n’a pas accès à son médicament, on va trouver des corridors de services avec le CIUSSS», soutient la directrice de l’Anonyme. 

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