Hochelaga-Maisonneuve
22:12 8 juillet 2020 | mise à jour le: 8 juillet 2020 à 22:18 temps de lecture: 3 minutes

Des commerces ne veulent pas être la police du masque

Des commerces ne veulent pas être la police du masque
Photo: Olivier Faucher/MétroLe copropriétaire de la librairie Z, Jean-Dominic Leduc, affirme déjà avoir de la difficulté à faire appliquer des règles sanitaires de base à ses clients.

Personne ne veut d’une deuxième vague de COVID-19, et particulièrement pas les commerçants qui ont déjà écopé du confinement. Bien que ceux de la rue Ontario soient plutôt en faveur du port du masque obligatoire, certains voient des difficultés d’application du nouveau règlement de la Ville de Montréal.

«C’est à nous que revient l’odieux de faire respecter le règlement, alors qu’on a déjà les bras pleins», soulève le copropriétaire de la librairie Z, Jean-Dominic Leduc.

Celui-ci affirme qu’il est déjà difficile de faire respecter des consignes de base chez les clients, dont certains ne semblent pas en réaliser l’importance.

«Les gens rentrent ici et ne comprennent pas qu’il faut mettre du désinfectant, alors que c’est partout comme ça, mentionne-t-il. Ceux qui refusent de porter le masque au nom de je ne sais quelle liberté sont généralement assez agressifs.»

En faveur du règlement

Pour la propriétaire du restaurant végane Antidote, Élise Bellerose, c’est au tour des clients de faire l’effort nécessaire pour prévenir la propagation, alors que ses employés portent tous le masque.

«Que ça devienne obligatoire, ça ne nous dérange pas. C’est une sorte de reconnaissance envers les employés.»

Même son de cloche à la Brasserie Blind Pig, qui doit redoubler d’efforts pour faire respecter les consignes sanitaires lorsque les clients ont pris quelques verres.

«Je suis totalement en accord avec l’imposition, pense le copropriétaire Antoine Ormandy. Malheureusement, ça prouve que les gens ne sont pas sérieux quand on doit l’obliger.»

M. Ormandy a encore certaines questions d’applicabilité pour les restaurateurs, alors qu’il est prévu que le masque puisse être retiré lorsque le client est assis à table. «J’ai hâte de voir comment ils vont articuler ça», dit-il.

La SDC Hochelaga-Maisonneuve y voit une façon pour les commerçants de prévenir un autre confinement.

«Ça peut créer certains inconvénients et difficultés aux commerçants, convient le directeur Jimmy Vigneux. Mais je pense que c’est assez mineur par rapport aux effets que pourrait avoir une deuxième vague.»

«Je ne refuserai personne» qui ne porte pas le masque

À la Papeterie de l’Est, on s’oppose au nouveau règlement.

«On attaque la liberté présentement, croit le propriétaire, Claude Lessard. Moi, je demande aux clients s’ils veulent que je porte le masque pour les servir.»

M. Lessard souhaite que les autorités ne punissent pas les commerces si des clients ne se conforment pas au règlement.

«Ce n’est pas à nous de jouer à la police. Je ne mettrai pas des gens dehors parce qu’ils ne mettent pas leur masque.»

Le couvre-visage sera obligatoire dans tous les lieux fermés de Montréal à compter du 27 juillet, en vertu d’un nouveau règlement de la Ville.

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