Hochelaga-Maisonneuve
05:00 9 octobre 2020 | mise à jour le: 9 octobre 2020 à 19:05 temps de lecture: 4 minutes

Être de petite taille: une différence qui force le respect

Être de petite taille: une différence qui force le respect
Photo: GracieusetéFrançoise Deschenes réside dans Hochelaga depuis 2017.

À l’occasion du Mois du nanisme, Métro Média a rencontré Françoise Deschenes, une résidente d’Hochelaga de petite taille, pour connaitre davantage sa réalité et les enjeux que soulève son quotidien.

Françoise Deschenes, 53 ans, mesure 4 pieds et 6 pouces. Une particularité qui ne l’a pas empêchée de réaliser son rêve de devenir comédienne, mais qu’elle a dû apprivoiser au fil des années.

«Je suis pleinement heureuse parce que j’ai appris à accepter d’être « naine », ce mot qui me blessait quand j’étais plus jeune mais qui m’a permis de développer un caractère fort et beaucoup de détermination», raconte-t-elle.

Le regard des autres n’est pas vraiment un obstacle pour Françoise. Elle comprend l’intérêt que suscite sa différence et avoue être elle-même tentée de regarder les personnes dont le physique détonne.

«Le problème, c’est plutôt le respect, dit-elle. Les gens nous prennent souvent moins au sérieux quand on est petit. On dirait qu’ils se donnent plus de permissions et nous accordent moins de crédibilité.»

La comédienne dénonce la condescendance que rencontrent encore trop souvent les personnes de petite taille.

«Je n’aime pas quand on me dit que je suis courageuse ou qu’on me félicite pour un truc complètement normal», affirme celle qui est également directrice du secteur éducatif pour l’agence évènementielle Oyez Oyez.

Mobilité

Françoise a déjoué les pronostics des médecins qui lui prédisaient l’usage d’une chaise roulante à 40 ans. Elle doit toutefois s’aider d’une canne, car sa condition implique de nombreux problèmes articulaires. Adepte des transports en commun pendant longtemps, elle a choisi de s’acheter une voiture; traverser les stations de métro montréalaises s’avérait de plus en plus compliqué.

«Je ne comprends pas que dans notre société vieillissante, l’accès au métro soit encore si peu adapté. Avez-vous déjà compté le nombre de marches à parcourir entre l’entrée et le quai de votre station? C’est juste impossible pour moi», dit-elle.

Elle souligne également l’obstacle des rues piétonnières comme Ontario et Mont-Royal cet été, qui empêchent l’accès des personnes à mobilité réduite à certains commerces, et les bancs de neige qui jonchent sa rue en hiver, l’obligeant à se rendre au bout pour traverser.

Bienveillance

«Dans les commerces je ne rencontre pas de difficultés. Les gens acceptent toujours de me prêter leurs grands bras quand j’ai besoin d’attraper un produit, explique-t-elle en demandant avec humour pourquoi le yogourt préféré de son compagnon se situe toujours sur l’étagère la plus haute des présentoirs. J’apprécie beaucoup les endroits qui disposent d’une rampe d’accès, j’espère que cela va encore se démocratiser.»

Aussi pétillante que positive, Françoise souhaite que le nanisme ne soit plus source de discrimination et que la ville continue à développer des infrastructures accessibles à tous.

Le nanisme en bref

Plus de 80% des personnes de petite taille naissent dans des familles qui n’ont pas d’antécédent de nanisme.

Le nanisme est causé par plus d’une centaine de maladies.

La prévalence du nanisme est de 1 naissance sur 10 000;

La 8ème édition du Mois du nanisme, du 1er au 31 octobre, se déroule sous le thème Le nanisme, une différence qui mérite le respect!

Source : Association québécoise des personnes de petite taille

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