Hochelaga-Maisonneuve

Le «village» d’Hochelaga-Maisonneuve, un quartier «sans prétention»

Dans le quartier, la créativité et le désir d’entreprendre s’expriment dans une ambiance plus décontractée qu’en bien d’autres endroits de l’archipel montréalais. Photo: Jason Paré/Métro Média

«Un village». Ce mot est revenu à plusieurs reprises dans la bouche des personnalités interrogées pour décrire le quartier d’Hochelaga-Maisonneuve. La proximité des citoyens, la mixité sociale et l’entraide semblent expliquer cette impression.

«Les gens sont plus relaxes, il y a comme moins de pression on dirait dans ce quartier. C’est comme un gros village, les gens se disent bonjour, c’est très easy going», raconte la restauratrice Élise Bellerose.

Même son de cloche pour Calamine dont tous les amis se trouvent dans le quartier. Avec sa planche à roulettes, elle leur rend visite, prenant une bière sur le porche de l’un ou dans la cour de l’autre. Elle apprécie également la sociabilité et la simplicité des gens.

«Tu t’assois sur un banc de parc et quelqu’un vient te raconter sa petite histoire. C’est sans prétention. Tu sors dehors et tu t’en sacres comment t’es habillé», maintient la rappeuse.

Selon Ève Cyr du Carrefour jeunesse-emploi Hochelaga-Maisonneuve, la proximité est importante dans le quartier et les initiatives citoyennes sont nombreuses.

«La mixité sociale crée un lieu de rencontre riche en couleur et en diversité. C’est un quartier vivant, où les gens aiment se parler.»

Originaire de l’Europe, Benoist De Peyrelongue de La CCHM n’a pas nécessairement trouvé son intégration facile, «mais c’est le cas de tout village, non?»

«HM est un quartier populaire où la fragilité et la joie se montrent en toute collégialité, c’est un lieu attachant», affirme-t-il malgré tout.

Un quartier vivant, proche des gens, très ouvert et avec une population variée et très riche culturellement. C’est ainsi que la libraire Mélissa Boudreault décrit de son côté le quartier où elle habite depuis plus de 20 ans.

«On a des gens de tous les horizons et Hochelaga-Maisonneuve est de plus en plus familial. Les gens ont à cœur de s’impliquer dans le quartier, puis de consommer localement. Les gens donnent beaucoup au quartier et vice-versa.»

L’historien William Gaudry rappelle que certaines personnes ont encore une mauvaise image d’Hochelaga-Maisonneuve, «comme étant un secteur malfamé où la criminalité est encore présente, mais dans les faits, ce n’est pas du tout ça», précise-t-il.

Le Silicon Valley de l’économie sociale

Les organismes communautaires pullulent tellement dans Hochelaga-Maisonneuve que le quartier est parfois présenté comme le Silicon Valley de l’économie sociale.

Pour Ève Cyr, le milieu communautaire y est plus foisonnant que n’importe où au Québec.

«Souvent à l’avant-garde, les nombreux organismes font preuve de dynamisme et d’innovation pour répondre aux besoins de sa population, se réjouit-elle. Et les citoyens y sont souvent invités à y participer.»

Elle encourage ces deniers à visiter des lieux tels que le Marché solidaire de La CCHM pour se procurer des fruits et légumes, le Chic resto pop pour «le meilleur spaghetti en ville», ou encore la boutique des Distributions l’Escalier «qui offre des produits du terroir incroyables».

Benoist De Peyrelongue croit que cette solidarité vient de cette mixité sociale «où le savoir de nos aînés se mélange à la créativité sans barrière et sans limites de notre jeunesse».

«Il faut savoir pour autant lui faire confiance et s’en servir afin de soutenir les plus fragiles tout en facilitant la fibre novatrice qui doit façonner le futur en respect avec les limites de notre planète.»

Autant les créateurs de nouvelles entreprises et que les petits artisans, sont pour lui les fondations du communautaire dans le quartier.

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