Hochelaga-Maisonneuve

Un vidéoclip tourné sur le terrain de l’ancien restaurant La Belle Province dans Hochelaga

Guim Moro devant l’ancien restaurant La Belle Province, sur Sainte-Catherine Est. Photo: Jason Paré/Métro Média

L’artiste Guim Moro propose un vidéoclip tourné sur le terrain de l’ancien restaurant La Belle Province au coin de la rue Sainte-Catherine Est et de l’avenue Bourbonnière.

Tandis que les déchets jonchant le stationnement de l’ancien restaurant avaient suscité le mécontentement de certains résidents du secteur en mai, l’artiste Guim Moro, de son vrai nom Guillaume Moreau, a décidé de profiter de l’endroit pour tourner un vidéoclip.

Intitulée Laisse tomber, la chanson présentée est le premier simple d’un album à paraître le 9 septembre sous le nom d’Anthropocide, un néologisme pour décrire l’anxiété et la solitude qu’on peut ressentir face à un avenir s’annonçant peu réjouissant.

Originaire de Sept-Îles, Guim Moro habite Hochelaga-Maisonneuve depuis onze ans et propose des textes empreints de militantisme, une posture motivée par différents événements de son passé. Il fait partie des centaines de manifestants — plus de 1100 — qui ont été arrêtés au somment du G20 à Toronto en juin 2010, ainsi que des locataires évincés en 2013 des lofts Moreau situés sur la rue du même nom.

Bonheur virtuel

Dans la pièce Laisse tomber, Guim Moro parle de l’impression que peut avoir certains militants de « porter le monde sur ses épaules ».

« Ça crée facilement de l’épuisement et des burn-out. C’est un peu la même chose dans le milieu communautaire où t’as des causes, tu te donnes à fond, mais tu ne vois pas nécessairement les résultats et l’appui social. »

L’artiste a voulu créer un contraste entre le ton joyeux de la mélodie et les paroles plus sombres.

« L’idée était d’être dans un espace très trash avec plein de déchets tandis que le reste du vidéo est très joyeux. »

Guim Moro

Dans son clip, il égratigne aux passages l’univers des réseaux sociaux avec sa recherche insatiable de clickbait [piège à clics ou attrape-clics], de représentation sociale du bonheur avec des photos de chiots ou de chatons et de danses sur TikTok.

Le lancement de l’album sera accompagné d’une exposition de photographies que l’artiste a prises dans le cadre de sa maîtrise en environnement.

« L’exposition est un miroir de l’album, représentant la solitude post-anthropocide. C’est toutes des photos de lieux vides, un peu morts ou il y a eu des crises et des impacts, mais avec aucun humain. » 

Guim Moro prévoit tourner un autre vidéoclip pour la chanson titre de l’album. Il sera dévoilé au même moment que le lancement de ce dernier au Quai des brumes le 9 septembre.

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