Hochelaga-Maisonneuve
15:30 21 décembre 2013 | mise à jour le: 21 décembre 2013 à 15:30 temps de lecture: 3 minutes

Quelle est l’école de mes rêves?

Depuis maintenant plusieurs semaines, les élèves de l’école primaire Baril aiguisent leurs crayons et recherchent l’inspiration des grands écrivains. Tous ces efforts ne sont pas pour augmenter leurs résultats scolaires, mais bien pour créer un recueil de textes sur l’école de leurs rêves.

Le projet est né à la suite du retrait rapide des affiches représentant des enfants arborant un masque à gaz sur les murs de l’établissement scolaire fermé, cet automne.

« Il y a plusieurs intentions liées à ce projet. Nous voulons donner une voix à tous ceux qui ont été touchés par la situation. Nous voulons aussi faire rayonner notre école et que les élèves apprennent en y participant », souligne Michèle Henrichon, enseignante et responsable du projet.

« On fait ça pour avoir notre école. Je ne suis pas à l’aise avec les grands du secondaire », avoue la petite Victoria. Depuis septembre, les élèves de l’école Baril sont localisés à l’école secondaire Louis-Riel.

Les enfants peuvent écrire sur n’importe quel sujet qui les intéresse, qu’il s’agisse d’une histoire de super héros, de leurs vacances de Noël ou de l’école de leurs rêves.

« C’est un recueil de plusieurs genres. 80 % du livre est composé des textes des élèves. Le 20 % restant est réservé à la communauté et aux élèves qui souhaitent parler de leur école. Ils peuvent proposer leur établissement de rêve ou traiter des répercussions que la fermeture a eues sur leur vie », indique Mme Henrichon.

Ce processus inculque de nombreuses notions aux élèves de l’école Baril tout en leur donnant l’opportunité d’être entendus.

« Ça rend l’écriture significative. Ils n’écrivent plus seulement pour l’enseignant ou pour un cours. De plus, ça les valorise, car le livre sera vendu. C’est une motivation. Ça permet de lutter contre le décrochage », soutient-elle.

« Je suis fière de moi. Je suis contente de participer à quelque chose comme ça. C’est comme si on était des écrivains. Il y a beaucoup de gens qui vont nous lire. On est comme des stars », affirme Victoria, huit ans.

« On écrit des histoires. On fait des recherches. C’est un peu stressant. Je suis contente que des gens liront nos histoires », ajoute Zineb, huit ans.

Du savon pour un livre

Produire un livre requiert beaucoup d’argent. Pour amasser des fonds, les élèves de la classe de Mme Henrichon ont confectionné des savons.

« Mes 19 élèves ont appris d’eux-mêmes. Nous leur avons donné une recette qu’ils devaient apprendre et connaître les étapes de la création d’un savon. Ensuite, ils les ont faits », mentionne l’enseignante.

« On apprend des choses. C’est la première fois que je fais ça. Je croyais que ce serait difficile, mais c’est facile », soutient Victoria.

Les jeunes ont pour objectif de vendre 500 savons de 100 g. Les profits amassés par la vente de ces produits seront utilisés pour l’impression des recueils ainsi que pour acheter des livres pour la classe.

Mme Henrichon voudrait commencer à vendre les 750 recueils, dès le printemps. Toutefois, elle est toujours à la recherche d’un imprimeur. Cependant, elle est optimiste que le livre sera disponible avant la fin des classes.

Les savons sont en vente à la Papeterie de l’Est (3481, rue Ontario Est), à la Coccinelle jaune (4236, rue Sainte-Catherine Est) et à l’école, au coût de 5 $ chacun. Pour de l’information, on joint Mme Henrichon au michele-ton-prof@hotmail.com

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