Hochelaga-Maisonneuve

Des jeunes abandonnés dans Hochelaga

Photo: Audrey Gauthier / TC Media

À partir du 1er avril 2015, le Carrefour Jeunesse-emploi (CJE) Hochelaga-Maisonneuve perdra 72% de sa clientèle en raison du nouveau mandat reçu par le gouvernement provincial.

Le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, a demandé aux CJE de limiter leur clientèle aux adultes de 18 à 35 ans étant sur l’assurance-emploi ou sur le Programme d’aide sociale. Ce bassin ne correspond qu’à 28% des gens servis au sein de l’organisme hochelagais.

«Lorsque nous avons ouvert en 1996, nous avions la mission de soutenir tous les résidents du quartier, âgés de 16 à 35 ans, indépendamment de leur statut. Nous aidions les jeunes à devenir des acteurs du développement économique local du quartier. Nous ne pourrons plus le faire», explique Anne St-Pierre, directrice du CJE Hochelaga-Maisonneuve.

Le CJE Hochelaga-Maisonneuve ne pourra plus offrir de soutien, d’ateliers, de programmes ou des outils aux jeunes âgés de 16 et 17 ans.

«Ni aux adultes sans revenus, qui vivent un statut précaire, qui sont en transition de carrière ou qui souhaitent retourner aux études. Ils n’ont plus de place où aller», indique Mme St-Pierre.

Pendant ses 18 années d’existence, le CJE Hochelaga-Maisonneuve a, entre autres, été l’instigateur de la création de l’organisme Y’a quelqu’un l’aut’bord du mur, du projet Vélopousse, du programme Orchestrés pour les jeunes et les Ateliers bon débarras. Avec le nouveau mandat, ces initiatives n’auraient jamais pu voir le jour, affirme la directrice.

Productif
Au cours de la dernière année, 151 personnes ont obtenu un emploi et 38 sont retournés aux études, souligne Mme St-Pierre.

«Le gouvernement veut des résultats, mais on les avait déjà. Nous ne sommes pas restés les bras croisés. Si nous nous fions à la clientèle de Hochelaga-Maisonneuve, cette proportion est satisfaisante», soutient-elle.

Le CJE a aidé à l’embauche d’une vingtaine de Hochelagais lors du lancement du parc Exalto ainsi que de plusieurs autres à l’ouverture du cinéma Star Cité.

Toujours là
En 2013, l’organisme a rencontré, soutenu et aidé plus de 800 jeunes du quartier. Ne voulant pas les abandonner, la directrice souhaite trouver un moyen de continuer à les outiller.

«Nous devons nous occuper de tout le monde. Nous allons tenter de trouver un créneau financier pour continuer de répondre aux besoins des jeunes. Nous avons peut-être perdu notre mission, mais nous n’avons pas perdu notre âme», fait-elle valoir.

Articles récents du même sujet