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Journalistes, médias, et naviguer une crise

Gilles Petel a travaillé pendant trois ans à temps partiel sur Ingérence politique dans les médias, qui sera publié au cours des prochaines semaines. Photo: Capture d’écran

Le nouveau livre Ingérence politique dans les médias de l’Insulaire Gilles Petel se retrouvera prochainement sur les étagères des libraires. Il s’agit d’un manuscrit publié à l’aube des prochaines élections municipales et qui aborde l’intimidation que vivent des journalistes.

L’ancien directeur de l’information de la radio CKVL a voulu mettre en lumière la réalité des journalistes d’une salle de rédaction au lieu de celle des chroniqueurs ou des animateurs «privilégiés» qui sont souvent sous les projecteurs, et dont les conditions de travail sont différentes.

«Mon objectif, c’est de sensibiliser la communauté sur l’ingérence politique et de dire aux journalistes de ne pas avoir peur des politiciens véreux qui viennent les intimider», évoque M. Petel.

Il nuance que tous les politiciens ne sont pas malicieux. Mais, par son expérience et ses recherches pour son livre, il remarque que la situation s’est empirée depuis les dernières années.

L’ingérence prend plusieurs formes. Le maire d’une municipalité qui n’aime pas les textes d’un journaliste pourrait, par exemple, menacer le propriétaire d’une entreprise de mettre fin à un contrat qu’il possède avec la ville s’il continue à avoir de la publicité dans ce journal.

«Les gens seraient surpris de voir à quel point c’est fréquent ce genre d’intimidation et d’ingérence politique», évoque l’ex-journaliste.

À sa retraite en 1998, M. Petel a fondé l’hebdomadaire Magazine Rive-Sud. Il a aussi animé l’émission d’affaires publiques «À vous de juger» sur les ondes de TVRS-MATV. «C’est incroyable le nombre de menaces que j’ai reçues à cette époque», décrit M. Petel.

La réalité des hebdomadaires régionaux est particulièrement difficile, constate-t-il.

Les journalistes y sont généralement jeunes, et plus facilement intimidés. «C’est l’expérience que j’ai eue», relativise-t-il.

Dans son livre, l’auteur décrit des exemples concrets d’ingérence politique qui se sont produits avec des politiciens du passé, et d’autres actifs aujourd’hui. «Je connais des journalistes dont la carrière a été brisée par l’ingérence politique», soutient-il.

Phénomène mondial

Pendant une dizaine d’années, le résident de L’Île-des-Sœurs a été le seul journaliste canadien accrédité à l’Organisation des Nations Unies (ONU) de Genève, en Suisse. Cela lui a permis de constater que l’ingérence politique est un phénomène mondial.

Il décrit dans son ouvrage des situations qui se sont produites en France, en Italie et au Portugal, entre autres. L’Allemagne représente un exemple positif, ayant mis sur pied un conseil indépendant pour financer les médias et éviter l’ingérence politique.

Le rôle des journalistes est renforcé par la Charte canadienne des droits et libertés, qui prévoit des garanties constitutionnelles par rapport à la liberté de presse.

Toutefois, M. Petel souligne que les intérêts de la société jugés plus importants par les tribunaux comme la liberté des institutions parlementaires ont préséance sur le principe de la liberté de presse. «Cela laisse la porte ouverte à certaines autorités de bafouer ce principe», soutient-il. La liberté de presse est menacée au Canada, comme ailleurs dans le monde, prévient-il.

Qu’est-ce que l’ingérence

«Action de s’ingérer dans les affaires d’autrui. Se mêler d’une chose sans y être autorisé; s’immiscer. Délit d’ingérence: prise illégale d’intérêt par un fonctionnaire ou un élu dans une entreprise ou une opération dont il a la surveillance.» (Larousse)

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