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Menace de guerre et pandémie: des effets néfastes sur la santé mentale

Photo: iStock

La fatigue provoquée par deux années de pandémie en plus d’une menace de guerre mondiale générée par le conflit armé qui se poursuit en Ukraine pour une troisième semaine amène un cocktail de stress et d’incertitude qui peut affecter la santé mentale. 

La pandémie à elle seule a eu un grand impact sur la santé mentale de la population. Depuis deux ans, les Québécois s’adaptent à différentes mesures, mais tous ne vivent pas les effets de la pandémie de la même façon. 

La crise sanitaire est une situation où nous avons peu, voire aucun contrôle. «C’est une première étape pour ressentir plus de stress ou de peur. Il y a aussi le fait que la situation était imprévisible», décrit la psychologue au sein du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, Caroline Ouellet. 

L’isolement a également été particulièrement difficile à vivre pour certaines personnes. De plus, la population ayant une santé plus précaire était plus vulnérable au virus, ce qui pouvait lui faire craindre un décès. 

Bien que plusieurs voient leur qualité de vie s’améliorer avec l’assouplissement des mesures sanitaires, il est à noter que le stress et l’anxiété d’une partie de la population ont augmenté à l’idée que les mesures allaient diminuer.

Ne pas avoir de contrôle, le fait qu’il y a beaucoup d’incertitude et d’imprévisibilité, ce sont de bons ingrédients pour avoir plus de stress, d’anxiété ou ressentir de la peur.

Caroline Ouellet, psychologue

Capacité d’adaptation moindre 

Tout le monde possède des capacités d’adaptation. On peut penser à la capacité de s’adapter au travail ou à une situation dans sa vie personnelle. Avec la pandémie, les capacités d’adaptation ont pu diminuer. 

Or, il y a quelques semaines, une guerre a éclaté entre la Russie et l’Ukraine, affectant le monde entier. «On a déjà une majorité de la population qui a moins de capacité d’adaptation à cause de la pandémie et l’on ajoute à cela des incertitudes et de la peur, encore une fois, en lien avec la mort», explique la psychologue. 

Comme les capacités personnelles de certains sont déjà épuisées, cela peut leur faire vivre encore plus de stress, d’anxiété et de colère. «Ils peuvent sentir qu’ils sont dépassés par les événements et avoir un sentiment d’impuissance», précise Caroline Ouellet, qui se spécialise dans les stress post-traumatiques et les troubles anxieux.

Elle travaille auprès des vétérans des Forces armées canadiennes et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). La psychologue constate une augmentation marquée des symptômes anxieux et des troubles de stress post-traumatique chez sa clientèle depuis que la guerre en Ukraine fait la manchette des médias. 

«Pour certains, la situation en Ukraine a été un rappel de leur mission et de leur propre expérience de vie. À tout cela vient s’ajouter un sentiment d’impuissance qui peut engendrer une plus grande détresse chez eux», souligne l’experte. 

Caroline Ouellet indique que tout le monde peut être touché de près ou de loin par la pandémie et la guerre qui se déroule présentement sur le Vieux Continent. Les citoyens immigrés, par exemple, peuvent avoir vécu des événements similaires dans leur pays d’origine. 

«Au cours des dernières semaines, on voyait dans les médias des enfants et des familles être attaqués, des gens décédés. Ces images pourraient faire en sorte qu’une personne a plus de cauchemars. Elle peut avoir une agitation mentale autant de jour que de nuit, avoir une réduction des heures de sommeil ou développer plus d’attaques de panique», soutient la psychologue. 

Les personnes qui demeurent particulièrement à l’affût des nouvelles peuvent aussi être plus affectées par ces informations négatives. La psychologue conseille de rester au courant des actualités, mais aussi de se donner du temps pour avoir du plaisir et faire des activités. 

Même les personnes qui se sentent bien en temps normal peuvent développer des troubles de santé mentale. Une personne pourrait présenter plusieurs symptômes sans nécessairement recevoir un diagnostic d’une maladie mentale quelconque si les effets sont à court terme. «Si cette détresse perdure, on pourrait voir des gens vivre des épisodes dépressifs ou d’anxiété», affirme Mme Ouellet. 

Afin d’aider les gens à se sentir mieux, la psychologue suggère de recommencer à bouger, à sortir et à voir des proches, sans toutefois se lancer dans plusieurs contextes sociaux du jour au lendemain. Il est en effet bénéfique pour l’équilibre mental de rencontrer des gens et de faire des activités. 

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