Plusieurs grands dossiers ont marqué l’actualité, dans l’arrondissement de Verdun, au cours des derniers mois. Pour avoir «l’heure juste» sur les sujets qui intéressent le plus les citoyens, Le Magazine a sollicité une entrevue téléphonique avec la mairesse Ginette Marotte et celle-ci a accepté sans la moindre hésitation. C’est donc sans détour qu’elle a fait le point sur des sujets qui ont alimenté des débats et des questions, lors des récentes séances du conseil.
La nouvelle école
C’est avec une grande satisfaction que Ginette Marotte constate que le dossier de la nouvelle école est résolument en voie de se réaliser. Elle insiste pour souligner la collaboration dont ont fait preuve toutes les parties concernées par cet important projet. Elle estime que c’est désormais un projet qui ne divise plus les citoyens et elle ne négligera aucun effort pour que le climat demeure le même. «Je suis convaincue que tous les résidants de L’Île-des-Soeurs souhaitent que la nouvelle école soit construite dans les meilleurs délais et c’est dans cet esprit que se poursuivent les discussions», précise-t-elle.
Elle ajoute que l’arrondissement respectera scrupuleusement son engagement de contraindre la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) à utiliser une superficie de terrain bien définie. Il n’est donc pas question d’un agrandissement subséquent à la nouvelle école, sur le site du parc de la Fontaine. «Cette position a été très claire dans les discussions entre l’arrondissement et la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) et il n’y a aucune ambiguïté à cet égard. La cession du terrain est assujettie à un protocole qui tient compte de la volonté des citoyens», affirme-t-elle. C’est d’ailleurs en fonction des besoins futurs (scolaires ou autres) que des tests de sol seront effectués au site du parc Archambault. Ces analyses permettront de déterminer à quels usages futurs les lots vacants de l’arrondissement pourraient être affectés.
La mairesse de l’arrondissement de Verdun a bon espoir que l’école pourra ouvrir à la date prévue, même s’il reste encore plusieurs étapes à franchir.
Elle comprend les inquiétudes de certains citoyens à l’égard de la circulation dans le secteur de la nouvelle école, mais elle soutient que cet aspect est pris en compte dans les études de l’arrondissement. Elle dit beaucoup apprécier la collaboration que lui apporte le groupe dirigé par Mario Langlois dans la recherche de solutions aux différents problèmes qui pourraient survenir.
Un pont de plus?
La mairesse de l’arrondissement suit de près l’évolution du dossier du pont Champlain qui aura un grand impact dans l’arrondissement de Verdun. Comme on le sait, ce projet implique la construction d’un pont de contournement entre l’île et la terre ferme de Verdun afin de permettre la démolition du pont de L’Île-des-Soeurs qui sera remplacé. Ginette Marotte voudrait que l’on conserve le pont temporaire après l’ouverture du nouveau pont et elle a fait des demandes en ce sens auprès des instances fédérales et provinciales.
Depuis une quinzaine d’années, on parle de la nécessité d’un pont de service entre le quartier de L’Île-des-Soeurs et le reste de l’arrondissement. Mme Marotte souhaite que l’on analyse la possibilité de conserver le pont temporaire pour répondre à ce besoin. Elle estime qu’il serait dommage de vouer à la ferraille une structure qui aura coûté des dizaines de millions de dollars, alors qu’elle pourrait continuer d’être utilisée pour les véhicules d’urgence et le transport collectif de même que pour l’aménagement de pistes cyclables et piétonnières.
Une erreur de deux étages
Ginette Marotte a aussi apporté des précisions sur le dossier de la tour Symphonia dont la construction s’achève sur la pointe sud de l’île des Soeurs. Lors de la séance du conseil du 9 avril, les élus ont régularisé l’octroi du permis de construction de cet édifice et cela a soulevé la dissidence de la conseillère Andrée Champoux.
Mme Marotte soutient que cette divergence résulte d’une erreur dans la présentation des documents soumis aux élus pour leur approbation. Il y avait un écart de deux étages entre le plan présenté par le fonctionnaire de l’arrondissement et le projet de construction réel; en conséquence, la construction a été réalisée sans un permis en bonne et due forme.
Lors de cette séance, le conseil a donc autorisé (avec la dissidence de Mme Champoux) l’octroi d’un permis conforme aux plans, après les explications du directeur général de l’arrondissement, Pierre Boutin. Celui-ci a précisé que le changement au nombre d’étages ne compromettait pas le coefficient d’occupation du sol (COS) prévu au plan d’urbanisme pour ce projet résidentiel. Il a ajouté que le conseil avait suivi les recommandations du contentieux de la ville de Montréal pour l’adoption des mesures permettant de régulariser la situation.
Pour Ginette Marotte, ce dossier est donc réglé. Elle se dit toutefois d’accord avec la remarque du conseiller André Savard qui soutient qu’une analyse plus détaillée des projets de résolutions permettrait d’éviter de telles erreurs.
Une gare dans l’île
Bien avant le début de ce 21e siècle, il était question d’un train léger sur rail (LSR) qui passerait sur l’île des Soeurs dans son périple entre la Rive Sud et le centre-ville de Montréal. On a peu de détails sur le projet qui refait surface dans le cadre de la reconstruction du pont Champlain, mais il demeure évident que le trajet passerait encore dans l’île.
Mme Marotte s’est toujours engagée dans les dossiers qui touchent le transport collectif et il ne faut pas s’étonner si elle est très favorable au projet de LSR. Cependant, elle ne voudrait pas que la population de L’Île-des-Soeurs soit forcée de voir passer le train sans pouvoir profiter de ses avantages. C’est pourquoi elle considère qu’il est essentiel que les plans du circuit prévoient une gare sur le territoire de l’île. Lorsque ce projet a fait les manchettes, au début du siècle, il avait toujours été question d’une gare qui permettrait aux résidants de L’Île-des-Soeurs de pouvoir profiter du train pour se déplacer entre leur quartier et le centre-ville ou la Rive-Sud. Rien ne permet de croire que cette option ait été abandonnée, mais la mairesse de Verdun ne veut prendre aucune chance à cet égard.
Des ententes avec la CSMB?
La mise en veilleuse du projet de salle de spectacles a soulevé des remous au sein du conseil d’arrondissement. Lors de la séance du 9 avril, Ginette Marotte a été forcée d’utiliser son vote prépondérant pour faire approuver la décision de surseoir à la construction de cet équipement communautaire auquel l’ex-maire Claude Trudel tenait beaucoup.
La mairesse de Verdun estime qu’il faudrait conclure des ententes entre la CSMB et l’arrondissement afin de pouvoir profiter davantage des équipements collectifs de l’une et l’autre de ces entités. Elle considère que la cession du terrain pour l’école de L’Île-des-Soeurs ouvre la porte à des discussions qui pourraient déboucher sur de nouveaux échanges de services entre ces deux entités administratives. Ainsi, tout comme on le fait déjà pour les gymnases, on pourrait mettre la salle de spectacles de l’école Mgr-Richard à la disposition de l’arrondissement. De même, Mme Marotte estime que les projets de centres aquatiques pourraient être partiellement financés par des ententes d’utilisation par la CSMB à l’intention des élèves de ses diverses écoles.
Travailler ensemble
La mairesse par intérim de l’arrondissement de Verdun insiste sur l’importance de «travailler ensemble». Elle souhaite la concertation de tous les groupes et citoyens et elle considère que cela est possible. «T’es pas là pour essayer de démontrer que tu as raison, mais pour prendre les meilleures décisions», ajoute-t-elle.
Ginette Marotte sait très bien que 2013 est une année électorale, mais pour elle, cela ne fait aucune différence. Elle ne sera pas candidate à la mairie de l’arrondissement, mais elle sollicitera un autre mandat comme conseillère municipale. D’ici là, elle entend bien «faire sa job» jusqu’au bout.