Île-des-Sœurs
19:57 18 avril 2020 | mise à jour le: 18 avril 2020 à 20:01 temps de lecture: 3 minutes

Création de chapeaux pour des infirmières de la région

Création de chapeaux pour des infirmières de la région
Photo: Gracieuseté - Jeanne BrownDepuis deux semaines, Jeanne Brown et Gabrielle Demers ont fait une quarantaine de chapeaux qui ont été remis à un établissement de santé de Verdun.

Une septuagénaire, Jeanne Brown et son amie de Verdun, Gabrielle Demers, font équipe pour fabriquer des chapeaux aux infirmières d’un établissement de santé de l’arrondissement qu’elles préfèrent garder anonyme. Leurs couvre-chefs sont très appréciés du personnel soignant, qui en réclame même d’autres.

Les chapeaux sont utiles notamment parce qu’ils empêchent les visières de protection, souvent obligatoires en cette période de pandémie, de tirer leurs cheveux. Aussi, les élastiques des masques portés quotidiennement commencent à irriter les oreilles. 

C’est pourquoi Mme Demers complète les chapeaux que Mme Brown fabrique en cousant des boutons pour y accrocher les cordons.  «Je sais que c’est un petit geste, mais c’est utile pour les infirmières et elles m’ont dit que d’autres collègues aimeraient en avoir», fait savoir Jeanne Brown, résidente de Beaconsfield.

«Quand on se sent bien, en santé, et qu’on se fait dire que la meilleure façon d’aider c’est de rester chez soi, c’est très difficile.» — Jeanne Brown, 72 ans.

Elle tenait à faire sa part durant la crise, surtout parce qu’elle ne peut plus aller dehors et faire ses courses. «Je voulais vraiment aider, mais je ne trouvais pas comment faire et maintenant, je crois que j’ai trouvé», dit-elle.

Pour avoir suffisamment de boutons, le duo a fait appel à la communauté sur Facebook. De nombreux Verdunois ont répondu à l’appel et ont apporté de pleins pots. «Ça ne me surprend pas qu’autant de gens veuillent contribuer parce que je crois que beaucoup cherchent quelque chose à faire en ce moment», souligne Mme Brown.

Distanciation

«Lorsque mon amie récupère les chapeaux que je fabrique, on ne se voit pas, explique Mme Brown. Je les lave avant de lui donner, je les dépose sur le balcon, puis elle vient les chercher. Une fois chez elle, elle fait un deuxième lavage.»

Elle n’est pas inquiète d’être contaminée par ce travail d’équipe puisque toutes les précautions sont prises et il n’y a aucun contact physique.

Au départ, Jeanne Brown faisait une dizaine de chapeaux par jour. «C’était trop, reconnaît-elle. Je mettais beaucoup d’effort, d’autant plus que ça me prenait plus de temps au début.»

Aujourd’hui, elle se contente d’en confectionner environ quatre par jour.

Elle est habituée de travailler de ses mains puisqu’elle fait régulièrement des courtepointes. C’est pour cela qu’elle a suffisamment de tissu.

«J’ai toujours une cachette quelque part», lance-t-elle.

Une amie lui a envoyé un patron pour suivre un modèle de chapeau adapté et elle a visionné une vidéo YouTube où elle a suivi un tutoriel.

Les deux amies comptent continuer à faire des chapeaux aussi longtemps que les infirmières en auront besoin. Elles espèrent que leur initiative inspira d’autres gens à faire des gestes semblables. 

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