Île-des-Sœurs
16:00 21 mai 2015 | mise à jour le: 22 mai 2015 à 12:38 temps de lecture: 4 minutes

Les Mohawks revendiquent les artéfacts trouvés sur le site Le Ber

Les Mohawks revendiquent les artéfacts trouvés sur le site Le Ber
Photo: Yves Provencher / Métro archives

La communauté Mohawk de Kahnawake demandent qu’on leur remette les artéfacts retrouvés l’été passé au site archéologique Jacques Le Ber de l’Île-des-Sœurs. Les outils et autres objets sont la propriété de la Ville de Montréal.

À l’été 2014, une fouille a été faite sur le site historique de la ferme Jacques Le Ber en prévision de la construction du nouveau pont Champlain. Infrastructure Canada, responsable de ces opérations, confirme qu’il y a eu des trouvailles, mais refuse de dévoiler des détails sur les objets trouvés.

Ce qui a été trouvé sur les lieux a été remis à la collection de la réserve archéologique de la ville-centre.

Chef à Kahnawake, Christine Zachary Deom explique que de la communauté Mohawk veut ravoir les artéfacts d’origine amérindienne trouvés sur le site. Sa communauté est actuellement en discussions avec le gouvernement.

« C’est important pour les jeunes de notre communauté afin de voir et comprendre notre histoire. Pour l’instant, les discussions ne sont pas très bonnes, mais nous allons y arriver. »

Manon Gauthier, conseillère à Verdun et responsable du patrimoine, a confirmé lors du conseil d’arrondissement du 5 mai que les archéologues ont documenté les artéfacts amérindiens, maintenant propriété de la collection de la réserve archéologique de la Ville de Montréal. Son attachée de presse, Andrée-Anne Toussaint, a mentionné qu’il n’est pas possible pour Mme Gauthier de s’avancer plus sur le sujet étant donné que la mise en valeur des artéfacts est actuellement en négociation entre le gouvernement, la Ville de Montréal et la communauté Mohawk.

« Les fouilles ont démontré que la valeur archéologique n’est pas significative. Ça ne veut pas dire qu’elle n’est pas importante, mais on a retrouvé surtout des tessons [fragments]. Les artéfacts sont tous préservés et nous pourrons ultérieurement les mettre en valeur d’une façon ou d’une autre. »

Infrastructure Canada a commandé un rapport sur les résultats des fouilles dont la date de publication reste encore à déterminé. D’ici là, on ne peut donner plus de détails sur ce qui a été trouvé ni sur sa valeur.

Présence amérindienne à l’île
La chef Deom rappelle qu’en 1996, des artéfacts comprenant notamment des outils ont été retrouvés à 350 m du site Le Ber. « Il y avait aussi des ossements d’une fille datant des années 1300, avant l’arrivée des blancs. »

Lors des fouilles de 2014, Mme Deom est allée sur le site quatre fois en compagnie de jeunes provenant d’Akwesasne. Ces derniers, formés en archéologie, ont passé huit semaines à faire des fouilles. D’après Mme Deom, la recherche a été difficile parce le site était enfoui profondément sous les débris. Les promoteurs les auraient lancés sur le site en construisant la fondation des édifices immobiliers. Selon elle, sans cette accumulation de débris, une meilleure recherche aurait pu être effectuée.

« Nous ne sommes jamais en faveur des projets de constructions sur les sites historiques, mais Québec ne contrôle pas les compagnies privées. Il ne peut pas les obliger à faire une recherche archéologique absolue. »

Au début mai, Manon Gauthier a rappelé que Verdun déplorait la destruction du site Le Ber. Toutefois, elle a indiqué que les fouilles effectuées en 2014 « ont démontré malheureusement la très faible intégrité des vestiges du site. Ça ne nous permet pas d’en faire un témoin patrimonial et archéologique significatif, notamment à cause des travaux sur le pont Champlain effectués dans les années 1960 qui ont beaucoup affecté l’intégrité du site. »

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