Lachine & Dorval
08:00 24 mai 2018 | mise à jour le: 24 mai 2018 à 15:25 Temps de lecture: 5 minutes

Un lieu chargé d’histoire

Un lieu chargé d’histoire
Photo: Métro Média – Isabelle BergeronVisite des bâtiments occupés par les Soeurs Sainte-Anne à Lachine.

Les Sœurs de Sainte-Anne devront bientôt tourner la page sur plus de 100 ans d’histoire. Leur chez-soi, qui s’apprête à être transformé en logements et lieux communautaires, fera l’objet d’une consultation publique menée par l’Office de consultation publique de Montréal.

«Ici, c’est comme la maison de nos parents, c’est un lieu d’appartenance très fort. Quand on est mal prises, on vient ici. De quitter, c’est une adaptation et un déracinement, mais c’est très excitant, confie Lucille Côté, sereine. Le projet va enfin aboutir.»

En entrant dans le bâtiment de la rue Provost, un climat calme et paisible se fait sentir. «C’est un lieu de prières, de réflexion et de méditation. Les gens nous disent toujours que c’est tranquille. Il faut savoir qu’au noviciat, on ne parlait pas. On a un peu appris à se taire», lance Mme Côté avec humour, provoquant l’éclat de rire de ses consœurs.

Prônant des valeurs de respect, de partage, d’entraide, d’éducation et d’écologie, les Sœurs de Sainte-Anne ont joué un rôle important auprès de la communauté dans les domaines de l’éducation, des soins de santé, des services locaux et de la pratique religieuse catholique.

Il y a des dizaines d’années, le terrain à l’intersection des rues Provost et Esther-Blondin accueillait des animaux de la ferme et un grand jardin, qui servaient notamment à nourrir les familles de Lachine. «On faisait du porte-à-porte. On distribuait des œufs, du lait et des fruits et légumes», se remémore Claire Yelle.

Ces aliments servaient également à concocter des repas pour la Congrégation, qui conserve un livre de recettes de ses meilleurs plats dans ses archives.

Sentiment d’appartenance
Empreintes par l’histoire des Sœurs, les pièces doivent bientôt faire partie du projet de reconversion à vocation sociale et communautaire. «J’aime bien la chapelle. L’entrée principale est aussi intéressante et accueillante. Si je me mariais, je prendrais mes photos à cet endroit, soutient Mme Côté. Le tombeau de Mère Marie-Anne est toutefois le lieu le plus fort de la bâtisse. Le jour où il sera relocalisé, je pense que le climat de la Maison mère va changer.»

Dans le bâtiment de la rue Provost, les religieuses ont accès à divers services. Auparavant, elles bénéficiaient même d’une salle de chirurgie, d’une salle de rayon X et d’une dentisterie. «Quand on ne va pas très bien, on a tous les soins ici. On est certaines d’avoir quelque chose qui va nous aider à continuer à vivre. C’est précieux», explique Mme Yelle.

Les religieuses ont d’ailleurs peu besoin de sortir de leur résidence pour se procurer des biens. «Les gens nous reconnaissent. Il faut dire qu’on ne cherche pas souvent les mêmes choses que les autres», rigole Madeleine Gaudet, en faisant référence à leurs vêtements qui ont grandement évolué depuis 1965.

Avenir
Si les lieux étaient auparavant plus peuplés, forçant la construction des ailes B et C, la Congrégation compte désormais 200 membres. Depuis ses débuts, elle a accueilli environ 4 000 religieuses dans ses rangs. «On sent qu’il y a des sœurs qui partent. La communauté diminue», constate Pierrette Courtemanche.

Avec le projet de reconversion, les Sœurs de Sainte-Anne déménageront dans une nouvelle résidence sur ce site qui se veut à la fois leur lieu de vie, de travail et de prière. Environ 450 unités résidentielles doivent être réalisées, dont 150 pour les religieuses et 240 destinées à des aînés de plus de 75 ans ou en perte d’autonomie.

En plus d’une nouvelle aile, le projet prévoit notamment la réhabilitation de la Maison du Chapelain, la transformation de la Chapelle en salle multifonctionnelle accessible au public, l’agrandissement du stationnement longeant la rue Esther-Blondin, la préservation et la mise en valeur des espaces verts existants ainsi que la réalisation d’un parc public.

Le cimetière sera préservé à son emplacement actuel. «On va toutes être enterrées ici. Tout est calculé pour le nombre de sœurs qu’il reste. On ne sait pas où on va être, mais on sait qu’on a une place ici», fait savoir Lucille Côté.

La consultation publique sur la reconversion de la Maison Mère des Sœurs de Sainte-Anne se tiendra en deux parties. Les citoyens sont d’abord invités à une séance d’information, où sera présenté le projet, le 29 mai dès 19h, à la Salle Marie-Anne Blondin de la Maison Mère des Sœurs de Sainte-Anne.

Il sera possible d’exprimer son opinion ou de faire des recommandations sur le projet à compter du 20 juin à 19 h, au même endroit. Les personnes intéressées à présenter une opinion orale ou écrite doivent en informer l’OCPM avant le 14 juin, en communiquant avec Gilles Vézina au 514-872-8510.

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