Lachine & Dorval
09:52 9 juin 2020 | mise à jour le: 9 juin 2020 à 13:59 temps de lecture: 4 minutes

Projet de loi 61: chantiers locaux priorisés à Lachine et Dorval

Projet de loi 61: chantiers locaux priorisés à Lachine et Dorval
Photo: Messager Lachine & Dorval - Olivier CroteauL’agrandissement et la rénovation de l’Hôpital de Lachine font partie des projets priorisés par le projet de loi 61.

Plus de 200 projets d’infrastructure pourraient être «accélérés» par le gouvernement Legault afin de stimuler l’économie québécoise, fortement affectée par la pandémie de coronavirus. Le projet de loi 61 déposé la semaine dernière englobe six projets d’importance dans la région de Lachine et Dorval.

Parmi eux, la mise en place d’un transport collectif électrique pour relier l’est, le nord-est et le sud-ouest de Montréal au centre-ville, qui inclut le tramway et un plan de transport en commun sur la rue Notre-Dame. «Je suis vraiment contente de voir qu’on a priorisé un projet qui était aussi important pour nous», réagit la mairesse de Lachine Maja Vodanovic.

L’agrandissement et la mise à niveau d’infrastructure de l’Hôpital de Lachine, qui devraient coûter près de 95 millions, font partie des constructions ciblées. Le projet est déjà en branle depuis plus d’un an.

«L’hôpital a déjà démontré son excellence pendant la pandémie, alors qu’il n’y a eu aucun cas de décelé. Le personnel mérite vraiment ces rénovations», commente Mme Vodanovic.

La construction de quatre écoles sur le territoire de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeois devient également priorisée. «C’est une très bonne nouvelle pour notre développement à Lachine-Est, qui créera la création de places dans les écoles», mentionne Mme Vodanovic.

La rénovation du CHSLD Dorval, âgé de 107 ans, sera également mise de l’avant. La reconstruction du pont Honoré-Mercier, qui relie LaSalle à la Rive-Sud et la construction d’une maison pour aînés dans l’ouest de l’île, dont le lieu est à déterminer, font également partie des projets ciblés.

Projet de loi 61: droits supplémentaires

Si le projet de loi 61 est adopté, différentes autorités comme la Société de transport de Montréal (STM) et le ministère des Transports du Québec pourraient avoir droit d’expropriation sur le territoire dans lequel se tient un projet ciblé, et ce, sans demander l’accord du gouvernement.

Il annulerait d’ailleurs «toute contestation à la Cour supérieure» amorcée contre l’expropriant. Québec promet qu’il remboursera les frais de justice versés par l’exproprié jusqu’à maintenant.

Ces mesures répondent favorablement aux demandes faites début mai par l’Autorité régionale du transport métropolitain. L’organe demandait les pouvoirs d’expropriation nécessaires à l’achèvement du projet de ligne bleue à l’intérieur des échéanciers.

Doutes sur le projet de loi 61

Les esprits se sont échauffés à Québec à la présentation de ce projet de loi, devant les soupçons des partis d’opposition. «La Commission Charbonneau a mené à la mise en place de règles. Le projet de loi 61 vient les modifier de façon substantielle. Il y a un danger pour le contribuable», a avancé le porte-parole de l’opposition officielle pour le Conseil du trésor, Gaétan Barrette.

Des échos similaires ont aussi été entendus du Parti québécois au Salon bleu. «La CAQ nous magasine une deuxième Commission Charbonneau», a indiqué le leader parlementaire péquiste, Martin Ouellet.

C’était assez pour générer une intervention de la ministre de la Justice, Sonia LeBel, également connue pour son rôle de procureure en chef lors de cette même commission d’enquête.

«Je ne sais pas si mon collègue de l’opposition va trouver que j’ai une crédibilité quelconque quand je vais affirmer la chose suivante», a-t-elle lancé avec ironie en réponse au leader parlementaire du Parti libéral, Marc Tanguay.

«Les enseignements de la Commission Charbonneau sont très bien intégrés au sein de ce gouvernement», a-t-elle assuré.

Le projet de loi 61 indique que Québec peut sauter «certaines dispositions de la Loi sur la qualité de l’environnement. Et ce, le temps de l’urgence sanitaire».

En collaboration avec François Carabin

Articles similaires