Ahuntsic-Cartierville
12:07 2 septembre 2020 | mise à jour le: 2 septembre 2020 à 14:09 temps de lecture: 4 minutes

Chauffeurs d’autobus recherchés

Chauffeurs d’autobus recherchés
Photo: Archives MétroLe transport scolaire reprend son cours avec l’arrivée de la rentrée.

Alors que les élèves retrouvent les bancs d’école, une forte proportion des chauffeurs d’autobus scolaire ont délaissé leurs sièges. Leur départ laisse les compagnies de transports dans une situation précaire.

On trouve les offres d’emplois en transport d’élèves dans la région du Grand Montréal par dizaine sur la toile. L’entreprise Autobus Dufresne, par exemple, cherche à embaucher une quarantaine de conducteurs pour ses trajets scolaires et en véhicules adaptés.

«On est dans le trouble», admet le directeur général de l’entreprise, Dany St-Martin.

Tous les chauffeurs ont été mis à pied pendant le confinement. Quarante d’entre eux ont démissionné depuis. Certains ont justifié leur départ par la peur de contracter le virus, tandis que d’autres ont admis préférer réclamer la prestation canadienne d’urgence à la maison.

Considérant les horaires scolaires, la plupart des employés du secteur travaillent entre 25 et 30 heures par semaine.

«Faites le calcul: préférez-vous 500$ pour ne rien faire à la maison, sans aucun risque d’attraper le virus, ou travailler 25h au salaire qu’on offre? C’est malheureusement plus payant de rester chez soi», analyse M. St-Martin.

L’entreprise Ro-Bus, qui dessert la Rive-Sud de Montréal, a pour sa part tenu une campagne agressive d’embauche sur l’île, qui lui a permis de pourvoir tous ses postes.

«On a eu vraiment peur, confie le répartiteur Jean Émard. Une grande portion des chauffeurs ont quitté par peur de tomber malades, ç’a été une situation difficile à gérer.»

Coûte que coûte

Malgré les embûches, les transporteurs scolaires affirment qu’ils feront le nécessaire pour honorer leurs ententes. Autobus Dufresne mène, par exemple, une campagne publicitaire pour attirer des candidats.

«On tente de faire comprendre aux gens que c’est un métier valorisant, que de transporter les enfants à l’école, c’est faire une différence», plaide M. St-Martin.

À court terme, l’entreprise tente de ramener des employés retraités au boulot et d’être flexible aux demandes en termes d’horaire des candidats.

«Si on n’a pas assez de chauffeurs un jour donné, ce sera le président de l’entreprise et les employés de bureau qui s’assoiront derrière le volant. On ne laissera pas tomber les enfants», assure M. St-Martin.

Le transporteur FirstStudent, qui offre ses services à la quasi-totalité des centres de service scolaire de la métropole, affiche également de l’optimiste.

«Pour la rentrée, on sera correct, et on espère que ça va continuer. On se croise vraiment les doigts», avoue la directrice générale, Laurie Henner.

L’entreprise recherche près d’une soixantaine de chauffeurs. Ses problèmes d’embauches datent de bien avant la pandémie.

«Plusieurs de nos employés quittent pour travailler dans le transport urbain. D’autres déménagent ou prennent simplement leur retraite», indique Mme Henner.

Mesures à suivre

Afin de limiter les départs liés à la peur du virus, la multinationale a pris soin d’expliquer à tous ses employés les mesures d’hygiènes qui seront en vigueur dans les véhicules, en fonction des normes imposées par la Santé publique.

Tous les enfants de cinquième année et plus, porteront le masque. Une place leur sera imposée en fonction de l’ordre dans laquelle ils entrent dans le véhicule.

Les chauffeurs porteront masque et lunette de sécurité. Une bouteille de gel antiseptique sera également à leur portée.

Les autobus ne peuvent accueillir que 44 élèves en même temps, soit quatre de moins qu’à l’habitude. Cela permettra de laisser vacantes les deux banquettes situées derrière le chauffeur, et de permettre une distanciation physique pendant le trajet.

Pour diminuer le nombre de passagers présents dans les transports scolaires, certains centres de service ont demandé aux parents de reconduire leurs enfants à l’école. Le rayon de distance minimal entre la résidence des enfants et l’école pour assurer le transport a été augmenté.

17,5

Selon le site d’offres d’emplois Neuvoo, le salaire horaire moyen des chauffeurs d’autobus scolaire est de 17,5$.

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