Lachine & Dorval
20:15 3 mars 2015 | mise à jour le: 3 mars 2015 à 20:34 Temps de lecture: 4 minutes

Fluor dans l’eau de Dorval: aucune inquiétude à avoir selon la Ville

Fluor dans l’eau de Dorval: aucune inquiétude à avoir selon la Ville
Photo: Archives /TC Media

Dans la région métropolitaine, il n’y a que Dorval et Pointe-Claire qui ajoutent du fluor à leur eau potable, une pratique qui pourrait être nocive selon une récente étude britannique. Mais cette conclusion n’inquiète pas les autorités dorvaloises qui mettent en doute les résultats de l’enquête.

Au Québec, seulement 3% de la population boit de l’eau courante fluorée, estime le ministère de la Santé et des Services sociaux. Les Dorvalois font partie de cette minorité depuis près de 60 ans. Une étude britannique met en lien la fluoration et un taux significativement plus élevé d’une maladie de la glande thyroïde.

Mais cette corrélation nocive n’inquiète pas les autorités politiques et médicales.

Réaction du maire Rouleau
Le maire de Dorval, Edgar Rouleau, n’a pas l’intention de mettre fin à la fluoration de l’eau de l’usine de production d’eau potable de sa municipalité, à moins d’une directive contraire qui viendrait du gouvernement du Québec.

Selon lui, cela fait entre 12 et 15 ans que l’eau est fluorée à Dorval et c’est Québec qui paye. La Cité de Dorval reçoit une subvention du ministère de la Santé et des Services sociaux qui lui permet de défrayer les coûts d’acquisition du fluor qu’elle met dans son eau.

«À Montréal, on est contre la fluoration de l’eau depuis l’époque du maire Jean Drapeau, soutient le maire Rouleau. Moi, je suis comptable de formation, pas dentiste, mais sur 100 dentistes, il y en a peut-être 50 qui sont contre les conclusions de cette étude».

«Pour le moment, il n’y a rien à changer. Il ne faut pas partir en fou ou en peur pour une étude», lance M. Rouleau, reconnaissant du même souffle que «les études font avancer la société».

Dentistes rassurants
«Les citoyens de Dorval sont privilégiés d’avoir accès à cette ressource, assure Dr Barry Dolman, président de l’Ordre des dentistes du Québec. Toute étude est prise au sérieux, mais dans ce cas-ci, on ne parle que d’une seule étude questionnable, qui fait une association sans savoir s’il s’agit vraiment d’une cause. D’ailleurs, le pourcentage de fluor dans l’eau est plus élevé en Angleterre qu’ici».

L’Ordre des dentistes du Québec rappelle que le Québec détient le triste record du plus haut taux de carie dentaire en Amérique du Nord. Rappelons que 75% de la population de l’Ontario et des États-Unis ont accès à de l’eau fluorée.

«Comme dentiste, il est frustrant de voir que certains messages non fondés priment sur la science, ajoute le Dr Dolman. Grâce à la fluoration, on peut prévenir une maladie dentaire, des coûts de traitement et de la douleur, c’est une mesure de santé importante. Les grandes organisations internationales de la santé ont la même position. On est en discussion avec le gouvernement provincial pour une hausse de l’eau fluorée».

Des citoyens informés
Au cours d’un vox-pop effectué par TC Media, la vingtaine de citoyens interrogés étaient au courant que l’eau qu’ils boivent chaque jour est fluorée.

Tous se sont dit contents ou indifférents d’y avoir accès. Ils ne ressentaient aucune inquiétude face à l’étude britannique qui atteste que le procédé serait nocif.
(En collaboration avec Robert Leduc)

La fluoration dentaire

La fluoration consiste à ajouter des fluorures dans l’eau potable pour prévenir la carie dentaire. Elle améliore la composition minérale de l’eau sans en modifier le goût, l’odeur et l’apparence.

Elle est un moyen très efficace pour réduire la carie dentaire de 30 à 60% chez les enfants et de 15 à 35% chez les adultes

Au Québec, le taux recommandé est de 0,7 mg/l, soit l’équivalent d’un centimètre sur une distance de 13 kilomètres.

Le coût de la fluoration est évalué chaque année entre 0,50$ à 3,00$ par personne annuellement. Ces frais sont assumés par le Ministère de la Santé et des Services sociaux.

Chaque dollar investi pour fluorer l’eau permettrait des économies annuelles de 80$ par personne en soins buccodentaires.
(Source: Ministère de la Santé et des Services sociaux)

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