Lachine & Dorval
16:29 23 juin 2016 | mise à jour le: 29 juin 2016 à 09:47 Temps de lecture: 3 minutes

Une histoire et des kilomètres pour la cause

Une histoire et des kilomètres pour la cause
Photo: Gracieuseté - Frédéric Pinard

Les mots ne viennent pas facilement à Frédéric Pinard lorsqu’il parle de la maladie qu’il a vaincue, mais il n’aura aucune difficulté à enfourcher son vélo pour prendre d’assaut le Tour CIBC Charles-Bruneau. Du 5 au 8 juillet, le Lachinois parcourra 600 km afin d’apporter un peu de soulagement aux enfants atteints du cancer.

Le diagnostic est tombé alors qu’il n’avait pas encore sept ans. La leucémie, forme de cancer infantile la plus fréquente, frappe. Après un combat de sept ans, d’innombrables séjours à l’hôpital et de ponctures dorsales ainsi qu’une quantité phénoménale de pilules à avaler quotidiennement, il a été déclaré en rémission complète.

« Ma vie était imprévisible. Des matins je me levais pour aller à l’école, d’autres à l’hôpital. Lorsque j’allais à l’hôpital, la durée de mon séjour pouvait être quelques heures, ou plusieurs jours », raconte M. Pinard, aujourd’hui âgé de 44 ans.

Latence
Frédéric Pinard a mis plusieurs années avant de décider de parler de sa maladie. À l’époque, ce cancer emportait près de 80% des enfants qui en étaient atteints, dont le fils du lecteur de nouvelles et porte-parole pour la fondation, Pierre Bruneau.

« C’est mon père qui m’a appris que j’avais eu la leucémie, alors que j’avais 17 ans. Ma mère ne voulait pas que j’associe ma maladie avec une fin inéluctable alors elle avait gardé ça secret tout ce temps », confie-t-il.

Il admet ne pas réaliser encore complètement ce qu’il a vécu. Beaucoup de ses émotions avaient été refoulées, surtout lorsqu’il devait jongler avec les conséquences de sa maladie, dont subir les attaques des autres enfants, comme se faire arracher sa perruque.

Tout récemment, certains événements lui ont appris qu’il devait parler, se confier. Bien que la perception des gens à propos de cette maladie ait changé, il fait le constat qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire.

« J’ai accepté de raconter mon histoire parce que j’ai compris que ça pouvait aider les enfants qui vivent des périodes difficiles, que ça les aidait à croire qu’on peut guérir quand on parle à quelqu’un qui a survécu », conclut-il.

Objectifs
Pour sa deuxième participation au Tour, qui vise à recueillir des fonds pour la recherche sur la leucémie et faciliter la vie des petits patients qui doivent être hospitalisés pour des périodes prolongées, Frédéric Pinard a choisi le plus long circuit, le parcours de l’Espoir.

Cette année 500 cyclistes sont inscrits à l’événement qui en est à sa 21e édition. À ce jour, le Tour Charles-Bruneau a permis de recueillir près de 18 M$ qui ont servi à financer la recherche et des projets dédiés à l’oncologie pédiatrique. Annuellement, presque 2000 enfants québécois reçoivent un diagnostic de cancer. En trente ans, le taux de guérison de la leucémie est passé de 35% à près de 85%.

L’objectif de M. Pinard est de recueillir 10 000$ pour la Fondation. Il est déjà accumulé la moitié du montant et espère atteindre son but avant la fin du mois d’août. Il organisera sous peu un 5 à 7 à la Cage aux Sports de St-Laurent où il racontera son parcours et présentera une vidéo du Tour.

Pour soutenir M. Pinard dans son parcours: tourcibc.charlesbruneau.qc.ca/trek-for-hope-68/page-cyclist-frederic

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