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Doux souvenirs de sapins

Doux souvenirs de sapins
Photo by: TC Media - Isabelle Bergeron

Pour la plupart des gens, la fraîche odeur un peu épicée du sapin rappelle les moments passés bien au chaud à déballer des cadeaux en famille. Mais pour Louise Brisson, c’est plutôt les nombreuses heures à vendre des arbres de Noël avec ses amis et la douce nostalgie de son premier amour qui lui reviennent à l’esprit.

« Je me souviens, quand on était jeune, on portait nos espadrilles et des chandails. On était trop cool pour mettre des tuques et des mitaines. Aujourd’hui, je dis à mes jeunes de s’habiller chaudement et ils ne le font pas plus », rigole la femme qui occupe maintenant le poste de présidente du conseil d’administration de la Maison des jeunes, à Lachine.

Depuis bientôt 25 ans, l’établissement vend des sapins au Marché Lachine pour amasser des fonds pour son camp d’hiver annuel, qui se déroule en février. Afin d’y participer, les jeunes se doivent d’accumuler 25 heures de bénévolat au cours des cinq semaines de la vente.

« Dans les premiers temps, on était une grosse gang, une douzaine à faire des mauvais coups, à se courir après. C’étaient toujours de belles soirées. C’est d’ailleurs comme ça que je me suis fait mon premier copain », se remémore-t-elle.

Apprentissage
Même si le nombre de jeunes s’effrite au rythme des multiples activités qui leur sont désormais accessibles, la quantité de sapins vendus, elle, ne fait qu’augmenter.

« La première année, en 1993, nous en avons vendu 250. Il en est resté une cinquantaine et l’arrondissement les a plantés autour d’une patinoire. Maintenant, le chiffre tourne plus autour de 1500, ce qui nous rapporte 20 000$ », explique la directrice de la Maison des jeunes, France Ligez qui était, au début de la campagne de financement, une animatrice.

Selon les deux femmes, cette activité apporte beaucoup plus aux jeunes qu’un camp d’hiver. Au cours des cinq semaines intensives qui se clôtureront le 23 décembre, ils apprennent à développer un sens des affaires et des responsabilités.

« Ils doivent respecter leur horaire et effectuer les transactions eux-mêmes, ils font les factures et organisent les livraisons », spécifie Mme Ligez.

Tradition
Malgré la nécessité de certains rappels à l’ordre, les adolescents sont toujours aussi impliqués, surtout parce qu’ils connaissent la récompense qu’ils auront après leurs efforts, soit une semaine à skier, glisser et à s’amuser entre amis.

« Ils sont vraiment bons. J’ai toujours les mêmes qui viennent vendre avec moi et je les regarde aller avec les clients et je suis impressionnée de la qualité de leur service », souligne Mme Brisson.

À ses côtés, les mardis soirs de vente de sapin, son copain d’autrefois, Stéphane Fortin. Après plusieurs années sans contacts, ils se sont retrouvés grâce à une autre activité de financement qu’ils ont mis sur pied en collaboration. C’est à ce moment que la flamme s’est ravivée.

« Pour moi, c’est important de redonner aux gens qui nous ont aidés, alors je suis revenue il y a 12 ans faire du bénévolat à la maison qui m’avait procuré tellement de beaux souvenirs. J’y ai encore gagné en retrouvant mon amoureux », raconte-t-elle avec un sourire.

Avec la neige tombée récemment, l’esprit des Fêtes envahit encore plus le Marché et les Lachinois entrent par petits groupes pour sélectionner l’arbre qui égaiera leurs réveillons des prochains jours guidés par une Louise Brisson au cœur léger.

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